Nina, des tomates et des bombes au théâtre Essaïon : parce qu’il vaut mieux en rire !

Jeudi 10 novembre dernier, Nina prenait à nouveau la parole à Paris, cette fois-ci au théâtre Essaion, non loin du Centre Georges Pompidou, dans une ruelle sombre et toute étroite, dans une petite salle sous des voutes de pierres, dans l’obscurité et le silence d’une nuit d’hiver parisienne.

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Nina, unique personnage de cette pièce à mille voix – car c’est dans sa tête que tout se déroule. Chaque soir, elle nous invite à rejoindre le spectacle qui se joue en elle, et le résultat est plus que séduisant, joliment réussi !

Elle passe au crible notre actualité, politique, économique, écologique… Le tout étant étroitement lié, bien sûr. Elle porte un regard faussement naïf sur notre société globalisée, mondialisée, s’attaque à ses dérives à coup de sourires innocents, de rires et de chansons. Car Marie-Claire Neveu chante aussi bien qu’elle joue, et d’une manière comme de l’autre, elle transporte les spectateurs qu’elle interpèle régulièrement.

Je te recommande cette pièce pour bien des raisons. La première d’entre elles, c’est que le spectacle témoigne d’un talent certain de la comédienne et des deux auteurs de cette pièce, Marie-Claire Neveu et Nicolas Bazin. Il faut en effet un certain talent pour parvenir à faire rire en traitant de sujets si sérieux, et souvent polémiques ; pour utiliser la poésie comme une arme – non, comme un porte-parole, sans tomber dans les clichés.

La mise en scène est minimaliste, et c’est tant mieux, tu n’as besoin de rien d’autre que le regard que Nina pose sur ton monde, ce regard qu’elle partage avec toi le temps d’une soirée.

« Nina a des yeux et elle les ouvre, énormes, sur le monde » nous explique-t-on pour présenter la pièce. Nina ouvre les yeux des spectateurs surtout, s’ils en avaient besoin, et c’est en ça que le spectacle est un réel succès. La prochaine étape, c’est de partager. La colère, l’envie d’autre chose, la volonté d’un mieux ; partageons-le.

Va voir cette pièce, tu ne seras pas déçu. En plus, sur Billet Réduc‘, il y a une offre découverte à 10 euros : ça vaut le coup, non ?

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Nina, des tomates et des bombes
Du 17 novembre 2017 au 21 janvier 2017
Théâtre Essaion – 6 rue Pierre au Lard, 75004 Paris

Restaurant le Procope : sur les pas de La Fontaine, de Voltaire et d’Hugo.

Samedi dernier, j’ai déjeuné sur la banquette du premier café littéraire du monde, fondé en 1686 par un gentilhomme italien, Francesco dei Coltelli. J’avais découvert ce lieu de lettres et d’histoire il y a deux ans, et j’étais tombée sous le charme de ce restaurant où le temps semble s’être arrêté, où la bicorne de Napoléon côtoie la cloche de Marat, les correspondances de Corneilles, celles de Colbert et où les toilettes mêmes sont marquées par l’humour de Voltaire…

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Un lieu historique

L’une des principales raisons qui me pousse à passer encore et encore devant les portes de cet endroit, jusqu’à les franchir pour la deuxième fois, c’est cette empreinte historique indélébile qui en fait un lieu atypique. En m’asseyant sur la banquette, j’ai l’impression de suivre les pas de ces écrivains célèbres que j’ai tant admiré et qui sont tous venus s’y poser des heures entières. Je laisse glisser mes doigts sur les rideaux de velours qui bordent les hautes fenêtres, les arrête dans le creux d’un mur usé par le temps. Je visite l’histoire et me mêle à ses acteurs, je suis complètement séduite par la poésie de ces instants gourmands.

Imaginez ! Un café qui voit ses portes s’ouvrir chaque jour depuis 1686, dont le sol a été foulé par des clients habitués ou curieux, depuis plus de trois siècles ! Comment ne pas se laisser subjuguer par la magie du temps qui passe sans voir mourir cet endroit posté depuis tant d’années dans la rue de l’Ancienne Comédie. Personnellement, je ne résiste pas. Je monte ces escaliers de pierres et m’attarde sur les portraits qui en habillent les murs. Je déambule au milieu des couloirs, découvre les salons, les uns après les autres, en admire la décoration en me demandant ce qui a bien pu changer depuis les premiers instants.

Les premiers instants sont ceux de l’année 1686, année où cet homme venu de Palerme décide d’ouvrir les portes du premier café du monde. S’attendait-il à une telle renommée ? S’attendait-il a ce qu’il lui survivre, trois siècles après ? A l’époque, on venait y boire et y déguster des sorbets, tout en simplicité. Situé tout près de l’Ancienne Comédie Française, il vit bientôt les « beaux esprits » (comme on dit), s’y rencontrer. Et cela devrait durer pendant deux siècles. Parmi les noms qu’on aime citer, on trouve Voltaire, Rousseau ou Beaumarchais. La Fontaine y avait aussi ses habitudes, et a donné son nom à l’un des salons qui lui ont survécus. Balzac, Hugo et Verlaine vinrent aussi y discuter. Leur âme ne cesse de donner à ce lieu sombre mais chaleureux, un certain cachet.

Difficile, par ailleurs, de passer à côté de cette pensée révolutionnaire qui se lit jusque sur les murs de l’ancien café. Il faut dire qu’il fut au coeur de bon nombre de ses débats, et qu’il accueillit surtout des acteurs qui laissèrent leur nom à la postérité. Après avoir vu l’Encyclopédie prendre forme sous les doigts de Diderot et d’Alembert, le Procope laissa se poser en son sein Robespierre, Marat ou Danton, dont la statue trône à quelques pas de là. Impressionnant, non ?_DSC2415 _DSC2413

Un musée gourmand

Ces grands noms ont d’ailleurs laissé une trace dont le Procope se sert aujourd’hui pour conserver sa réputation. Lorsque l’on franchit les hautes portes bleues, les tapis à la mode de l’époque, les dorures, les tableaux donnent le ton. Mais au delà de la décoration, laissez-vous séduire par cette exposition…

Il y en a partout, un vrai plaisir des yeux, un orgueil tacite pour ceux qui s’y rencontrent. Sur les murs, au delà du papier peint de 1830 où sont imprimés ces quelques mots, « Liberté, « Egalité », sont encadrés bien des textes et bien des portraits.

Ça et là, aussi, des objets tout droit venus des siècles passés. On parle d’un poêle qui daterait de l’ouverture du lieu, et même du célèbre bicorne de Napoléon que ce dernier aurait laissé, certains disent pour payer ses dettes…
Difficile de démêler la réalité du mythe, et après tout, est-ce bien nécessaire ? N’est-il pas plus agréable de se laisser rêver, voyager dans le temps, séduire par l’histoire ?

Jusqu’aux toilettes, des « citoyens » et des « citoyennes », où je vous laisserai apprécier les réflexions fort philosophiques de Monsieur Voltaire..

Une cuisine où la tradition rime avec sophistication

Il faut être honnête, le Procope n’est pas le meilleur ami des végétariens. Et je vous avoue avoir blêmi lorsque la personne à ma gauche s’est fait servir une « tête de veau en cocotte », à l’ancienne en somme. L’une de leurs spécialités. C’est ce qui m’a rendu le choix du repas un peu difficile, et qui a limité de beaucoup les possibilités. Cela dit, ce que j’ai pu tester était à tomber, et j’ai craqué mille fois pour la soupe à l’oignon qu’ils proposent en entrée. Presque aussi dingue que celle que cuisine mon cher papa. 😉

Le restaurant propose en effet une cuisine traditionnelle, une cuisine que l’on aurait pu déguster il y a de cela plusieurs siècles. Difficile de le leur reprocher, le Procope reste dans le thème, et fait le bonheur des touristes mais également des gourmets parisiens.

Deux petits « mais »

Malheureusement, et contrairement à ma première visite, nous nous sommes rendus au Procope un samedi.. Nous avions réservé, pas besoin de patienter… Pour entrer du moins. En effet, par la suite, il a fallu attendre. Longtemps. Une demi-heure avant de pouvoir déguster cette fameuse soupe à l’oignon, un peu long pour un pauvre bol, aussi délicieux soit-il. La suite aurait pu suivre rapidement, mais il a fallu vingt minutes de plus pour la voir arriver, et nous avons fini par renoncer à un dessert qui promettait de nous faire languir tout aussi longtemps..

C’est un peu dommage, ça nous a quelque peu gâché le plaisir, d’autant plus que célébrant ce jour là mon anniversaire, nous avions autre chose de prévu ensuite. Le service était d’une qualité bien moindre à celle que j’avais pu admirer il y a deux ans de cela et je regrette ce constat peut-être un peu dur de ma part. Je déplore le manque d’amabilité de celui qui s’est occupé de nous, hautain, distant et presque impoli finalement. Heureusement, nous avions été parfaitement accueillis par la jeune fille à l’entrée, qui était, me semble-t-il, déjà là lors de ma première fois en ce lieu.

Peut-être sommes nous mal tombés, je re-tenterai un jour malgré tout, c’est presque sûr.

Et toi, quels sont tes bonnes adresses pour bien manger/pour voyager à Paris ?

Le Procope
13 rue de l'Ancienne Comédie
75006 PARIS
(Menu Procope à 20,90€ en semaine)

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