5 idées de lectures avant un voyage en Écosse

ECOSSE

Lors de mes voyages, j’aime m’imprégner totalement du pays qui m’accueille. C’est pourquoi je me plais tant à flâner dans les cafés les moins touristiques de ses villes, observant un temps les habitués du quartier, écoutant leurs échanges, leur accent, leurs rires. Je m’arrête dans les librairies, j’épluche les journaux et les nouveautés littéraire du pays. J’observe dans les rues les passants ignorant mes coups d’œil persistants. De retour à la maison, je prolongerai le séjour, j’entretiendrai ses sensations à travers la découverte des photographies développées, quelques reprises de mes carnets, de mes dessins, des quelques mots que j’y aurai gribouillé. Parfois, le voyage commence même avant d’avoir pris la route. Si j’aime débarquer sur de nouvelles terres les yeux bandés, sans rien savoir et prête à tout découvrir jour après jour à travers les simples commentaires des locaux rencontrés au gré de mes déplacements, j’aime aussi, souvent, m’y prendre quelques jours à l’avance. J’emprunte une poignée de livres à la bibliothèque, des livres sur le pays, ou écrits par les auteurs que ce dernier a vu naître, et paraître. Je pioche dans la musique locale, et je titille mon impatience en visionnant quantité d’images promptes à me faire saliver d’avance. Pour ce voyage en Écosse prévu en août, j’ai donc repris mes habitudes, et mes lectures. En voici un rapide aperçu.

A travers l’Écosse, Robert Louis Stevenson

Recueil de textes rédigées par l’auteur écossais, édimbourgeois émigré dès qu’il fut en âge de voyager, A travers l’Écosse témoigne du sentiment ambigu, lassitude mêlée de nostalgie, horreur passionnée qu’il entretient à l’égard d’un pays qu’il ne finira jamais de quitter :  notes de voyages, récits, souvenirs d’enfance, essais, Stevenson n’a jamais cessé d’écrire sur le pays qui l’a vu naître. Au détour de ruelles qu’il décrit avec une précision déroutante, l’histoire rejoint les légendes locales et souvent terrifiantes de l’Écosse. On y retrouve son Edimburgh Picturesque Notes, célèbre texte qui fit scandales tant il s’y montre impitoyable à l’égard de la ville comme de ses habitants.

Vous trouverez l’ouvrage aux éditions Complexe, qui proposent la traduction inédite de ces multiples écrits du père du Dr Jekyll et de M. Hyde.

La fille du temps, Josephine Tey

On continue avec une écrivaine écossaise du début du XXe siècle. Josephine Tey – Elizabeth Mackintosh en réalité – est principalement connue pour ses romans policiers. Dans celui-ci, elle raconte l’histoire de l’inspecteur Alan Grant (Scotland Yard), immobilisé sur son lit d’hôpital et qui pour se distraire passe en revue divers portraits de personnages historiques. Il finit par s’intéresser au cas de Richard III dont il cherche à démontrer l’innocence malgré les accusations qui l’accablent dans le cadre de la célèbre affaire des Princes de la Tour.

Il s’agit de la plus célèbre enquête de l’auteure – à la première place dans la liste des cent meilleurs romans policiers de tous les temps selon la Crime Writer’s Association de 1990, et à la quatrième place parmi les cent meilleurs livres policiers d’après l’association des Mystery Writers of America – et je vous la conseille absolument.

Macbeth, Shakespeare

Un classique parmi les classiques ici, avec le célèbre Macbeth de Shakespeare.  La tragédie se déroule en Écosse, sous le règne du roi Duncan, rapidement assassiné par l’ambitieux Macbeth, héros de ce récit. La rédaction de cette courte pièce coïncide avec l’arrivée sur le trône d’Angleterre du roi écossais Jacques VI Stuart, et s’inspirerait également des Chroniques d’Angleterre, Écosse et Irlande (1577) de Holinshed. Relatant en les combinant une série d’événements survenus au XIe siècle en Écosse, Macbeth est donc l’occasion de revoir ses classiques tout en s’imprégnant de l’histoire écossaise.

Waverley et autres romans (Pléiade), Walter Scott

Difficile de proposer cet article sans me référer à Walter Scott, poète et écrivain écossais né à Édimbourg à la fin du XVIIIe siècle. Dans ses romans, l’auteur se réfère souvent à l’Écosse, à son histoire, à ses décors. Ils sont tous à découvrir et j’ai personnellement emprunté une Pléiade pour me familiariser un peu avec ses écrits.

Écosse, par les éditions Lonely Planet

Pour finir, je quitte la littérature et vous recommande l’édition de Lonely Planet sur l’Écosse dans la préparation de votre séjour. Je suis chaque fois séduite par l’esthétique de leurs ouvrages et le contenu ne m’a jamais déçue. Dans celui-ci vous trouverez d’abord un condensé des meilleures choses à faire ou à voir en Écosse, avec les festivals, les activités phares, des itinéraires et des parcours de randonnées. Par la suite, vous pourrez découvrir pas à pas chaque région du pays avec de nombreux conseils et des cartes plutôt bien réalisées quoique parfois incomplètes pour illustrer le tout. L’histoire, la culture, la géographie du pays sont présentées par des auteurs locaux, Neil Wilson et Andy Symington. En fin d’ouvrage, un carnet pratique et un guide des transports peuvent également s’avérer très utiles une fois sur place !

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# 29 jours de gratitude – Mon travail d’apprentie chercheuse en histoire des femmes

Je suis étudiante en histoire. En histoire des femmes, plus précisément, et c’est d’ailleurs ce qui fait toute la différence. Les femmes que j’étudie. C’est leur mystère qui m’attire, et l’identification que je ne manque pas d’accomplir, très certainement. C’est là mon vrai travail, celui qui occupe une bonne partie de mon temps. Je jongle donc entre ces après-midi passées aux archives, m’adaptant à leurs horaires autant que faire se peut (les locaux fermant à 16h30, il m’est difficile d’être toujours très efficace), entre les passages à la bibliothèque, et le travail faramineux qu’il me reste une fois rentrée à la maison.

Mais j’aime ça. J’aime quitter la bibliothèque de l’université les bras plein de bouquins, et, toujours insatisfaite, aller me réfugier à la médiathèque qui se trouve à deux pas de chez moi, et compléter le tas. Une pile de livres haute comme moi, la plupart que je ne lirai pas, ou peu, mais certains recelant de trésors, de mines d’or. Et de cotes. Ah, les cotes ! Cette petite suite de lettres et de chiffres qui me conduisent tout droit aux archives, où je m’enferme parfois des après-midi durant à la recherche d’un infime bout de papier. J’aime ces moments là, aussi. J’aime voir arriver le dossier commandé, poussiéreux, soigneusement fermé. Aller m’installer à ma table de travail, ouvrir le carton, et découvrir cette liasse de feuilles jaunies, rongées, garnies de mille et un secrets. J’ai la chance d’étudier un personnage en particulier. Une femme du 18e siècle. J’ai la chance, surtout, de travailler sur sa correspondance. Imaginez le délice de cette rencontre entre mon époque et la sienne. Je lis ses mots, dévore ses lettres, découvre son histoire. Au contact du papier, j’essaie de deviner ses mains, l’encre qu’elle a fait couler dessus, les pensées qu’elle y a abandonné, quelques siècles plus tôt. Je suis fascinée par cette possibilité qui s’offre à moi de défier les lois du temps, de remonter les années, de traverser les siècles.

J’aime le travail qui m’est demandé. Cette possibilité d’aller toujours un peu plus loin, de me dépasser. Aller chercher ce petit détail qui fera toute la différence, permettra de remettre en ordre toute cette pagaille et de résoudre enfin l’énigme. Je suis ravie de pouvoir continuer d’alimenter mon esprit, d’avoir eu la possibilité de choisir un sujet qui, depuis très longtemps déjà, me plait. Et heureuse de l’avoir fait pour une période qui, cependant, m’était alors absolument inconnue. J’aime apprendre, c’est le plus solide des enrichissements, et c’est un des plus beaux cadeaux que je puisse m’accorder, je crois.

Peut-être vous parlerais-je un jour plus en détail de cette femme d’un autre siècle, de son affaire, de ses déconvenues. Peut-être consacrerais-je une série d’articles à ce qu’elle a vécu, et à ce qu’elle nous apprend. A son mari violent, à leur séparation, à son entreprise. Ce serait l’occasion d’évoquer un sujet qui me tient à coeur. Dont je ferai peut-être une rubrique, d’ailleurs, pourquoi pas ? Quelques articles sur l’histoire des femmes, ça vous intéresserait peut-être ? Ce qui est sûr, c’est que j’y prendrai un plaisir immense. Et rien que pour ça, l’aventure faut la peine d’être tentée, je pense.
En attendant, rendez-vous demain pour la suite de ce challenge, « 29 jours de gratitudE ».