# 29 jours de gratitude – Jour 4 – Mes amitiés


Je me prends au jeu. J’aime venir réfléchir chaque jour à un nouveau sujet, me poser un instant dans la journée et faire ce petit travail sur moi-même, qui consiste à rejeter toute pensée négative – qui sont souvent les premières à m’envahir – pour aller tirer ce qu’il y a de positif, ailleurs. C’est un léger investissement temporel que je trouve véritablement bénéfique, et je prends de plus en plus plaisir à venir pianoter sur mon clavier pour partager avec toi, avec vous, mes pensées. J’aime ensuite aller vous lire, tous, voir de quelle manière vous avez abordé le thème du jour, ce que vous en avez perçu, et comment vous en faites le récit.
Je remercie encore une fois Elodie (Le blog du dimanche), pour ce challenge, qui prend chaque jour un peu plus d’ampleur, me semble-t-il, à juste raison.

Exceptionnellement, la photo n'est pas de moi, je l'ai fourbement empruntée ici.
Exceptionnellement, la photo n’est pas de moi, je l’ai fourbement empruntée ici.

J’ai peu d’amis. Je connais un certain nombre de gens, mais ces connaissances, aussi régulières soient-elles, n’ont jamais été synonymes pour moi d’amitié. Par ailleurs, je suis quelqu’un d’assez solitaire. C’est un trait de mon caractère que j’ai mis beaucoup de temps à accepter, et à assumer. A cet âge où l’on calcule sa valeur personnelle au nombre de contacts qui jalonnent ton répertoires, puis à la quantité d’amis facebook qui viennent fidèlement liker tes posts quotidiens, je vivais mal ce choix inconscient de la solitude, et de mon tout petit cercle d’amis.

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été comme ça. Très vite lassée par la vacuité des échanges qui se tissent au milieu d’un groupe trop important, je leur préférais de loin la proximité d’une amie unique. Passant des jours et des jours à m’enfermer dans cette amitié exclusive, à créer quelque chose qui me touchait par sa sincérité, par sa puissance. J’ai aimé créer ces relations, gagner la confiance de nouvelles personnes rencontrées par hasard, apprendre à les connaître, et les laisser apporter quelque chose de plus à ma vie, par leur vécu, leurs récits, leur sourire, leur audace parfois. Certaines amitiés m’ont permis de sortir des sentiers battus, et de « quitter ma zone de confort » comme on dit aujourd’hui, pour aller me découvrir différente, ailleurs.

Je suis solitaire mais j’ai besoin de ces amitiés fidèles. C’est à travers elles que je me construis, que je me découvre. C’est aussi grâce à elles que, bien souvent, je ne me suis pas laissée glisser jusqu’au fond de ce gouffre dans lequel je m’étais laissée trébucher. Ces personnes, peu nombreuses, ont eu la gentillesse de rester présentes à tout moment. D’écouter des discours qui étaient parfois à la limite de l’indécence, tant j’avais besoin à cette époque de me faire bousculer. Ils sont restés. Ils ont oubliés mes phrases assassines, et mes absences, mes silences. Ils ont supportés mes angoisses, ont essayé de les comprendre, de les apaiser.

Je n’ai pas toujours été à la hauteur de ces amitiés. J’ai souvent disparu, n’écoutant alors que ce besoin que j’avais de me retrouver seule, de m’éloigner de toute forme d’influence pour n’exister que par moi-même, sous mon unique regard, « me retrouver » disais-je, bien que je m’y sois souvent perdue. Et pourtant ils ont pardonné, m’ont laissée revenir, et ont accepté.

Pour leur patience, leur présence, leur soutien, je suis reconnaissante. Et je suis fière aujourd’hui d’affirmer que je n’ai qu’une petite poignée d’amis, mais que je ne les laisserais m’échapper pour rien au monde, tant je les aime, et tant ils continuent de m’apporter chaque jour.

La bonne idée : # 29 jours de gratitude

_DSC2153La vie a repris son cours, plus vite que je ne l’aurais pensé. Je me suis enfoncée dans ce mois de janvier sans trop y penser, sans trop voir venir. Les obligations se sont succédées, je les ai remplies avec minutie. Le temps a passé, a filé, et moi, j’ai cette impression désagréable de m’être à nouveau oubliée en chemin. La rancoeur s’empare de moi à nouveau, je suis colérique et injuste envers ceux qui sont restés à mes côtés malgré mes grimaces incessantes. L’année a commencé sur les chapeaux de roue, mais il est temps de faire une pause et de se retrouver un peu. C’est sur ces réflexions que je suis tombée sur la proposition d’Elodie, aka Le blog du dimanche. C’est précisément ce dont j’avais besoin, et je trouve l’idée excellente et absolument bien venue en ce début d’année un peu mouvementé.

Tout est parfaitement bien expliqué sur sa page, mais pour faire très court, et très simple, le mois de février sera celui de la gratitude. 29 jours de gratitude pour les 29 jours qui constitueront le mois cette année. 29 jours, 29 thèmes. Chaque jour, il s’agira donc de réfléchir à ce pour quoi nous sommes reconnaissant, en lien avec le sujet proposé. J’ai décidé de me lancer, et de rédiger un billet chaque jour, autant que faire se peut, pour me pousser à jouer le jeu, mais aussi parce que j’ai envie de participer à ce grand mouvement, aller lire les mots des autres, leurs sourires, et y ajouter les miens, ajouter mes remerciements à ceux des autres et colorer la blogosphère de ces ondes positives.

JOUR 1 – MA MAISON

 Eut-on pu trouver meilleure façon de commencer ce mois ?

Ma maison, ma toute petite maison de 20 mètres carré, je l’ai faite mienne il y a quelques mois de cela, en juillet de l’année passée. Alors il est aisé de me montrer reconnaissante pour la chance que j’ai eue de tomber sur cette annonce à un moment de ma vie où j’avais vraiment besoin de trouver mon chez moi, de gagner en autonomie, de conquérir mon indépendance. Cet appartement, je l’ai découvert lors de ma seconde visite. Autant dire que je n’ai pas eu à chercher bien longtemps. Même si, en amont, il y avait cinq années de recherche virtuelle, un petit entraînement donc.

Je me souviens, je travaillais alors en entreprise, comme chaque été depuis quelques années, et j’avais pris rendez-vous quelques jours plus tôt pour une visite après le travail. J’ai retrouvé l’amoureux, et comme nous étions en avance, nous avons visité un peu le quartier. J’étais sous le charme. Conquise par cette petite rue piétonne au milieu de laquelle trônait cet appartement que j’envisageais de faire mien, un appartement caché derrière les volets bleus d’une copropriété de trois étages. Conquise par cette atmosphère, ces gamins circulant dans tous les sens, courant jusqu’au parc situé à deux pas de là, conquise par ces glaciers, ces chocolatiers et ces pâtissiers à chaque pas. Conquise par ce soleil, cette lumière, et cette impression qu’ici, enfin, je pourrais renaître.

La jeune femme qui devait me faire visiter est arrivée. Nous avons grimpé les deux étages, ça sentait bon le cirage dans les escaliers, me rappelant l’odeur qui me faisait tourner la tête chaque fois que je grimpais les étages qui me séparaient de mon père. Et puis elle a poussé la porte. Qu’est-ce qui fait que, un beau jour, après plusieurs visites, des dizaines et des dizaines de jours à prospecter, sur internet, dans les agences, partout, qu’est-ce qui fait que l’on se décide, enfin, catégorique, que l’on sait ? Les pièces sont vides, nues, mortes. Il n’y a personne, il n’y a rien. Nos voix raisonnent, et l’on se déplace à tâtons. Pourtant, on se sent chez soi, déjà. Pourquoi ? Ce jour là, j’étais sûre. C’est lui, c’était celui là.

Les jours qui ont suivi, j’ai fait les démarches. J’ai couru à droite, à gauche, passé mille coups de téléphone, écrit une lettre de motivation pour appuyer mes garanties. Je suis étudiante, je ne travaillais pas encore, et nous étions une cinquantaine sur le coup. Ils n’avaient aucune raison de me choisir. Et pourtant. Pourtant je l’ai eu. Ça n’a pas été facile, ça a traîné en longueur, mais j’ai fini par signer. Les jours suivants se sont révélés tout aussi rudes. Je n’ai pas eu de vacances, je ne me suis pas reposée, j’ai repris les cours exténuée. Mais ravie. J’étais chez moi, enfin.

Je suis donc reconnaissante pour cette chance que j’ai eue. Après deux visites et un coup de foudre, j’ai eu l’appartement dont je rêvais. J’y suis aujourd’hui installée, la déco est encore en cours mais nous avons bien avancé. Même si tout n’est pas si facile quand on commence, je suis ravie de cette expérience. Les étapes par lesquelles j’ai du passer pour en arriver là, aujourd’hui, m’ont beaucoup appris. Si je regarde six mois en arrière, et que je m’observe aujourd’hui, je me rends compte à quel point j’ai changé, à quel point j’ai grandi. Je me suis retrouvée, j’ai obtenu ce que j’ai voulu, et aujourd’hui je me sens bien, même si tout n’est pas toujours rose.

Et pour tout ça, pour tous ces succès, je suis reconnaissante.