# 29 jours de gratitude – Mon travail d’apprentie chercheuse en histoire des femmes

Je suis étudiante en histoire. En histoire des femmes, plus précisément, et c’est d’ailleurs ce qui fait toute la différence. Les femmes que j’étudie. C’est leur mystère qui m’attire, et l’identification que je ne manque pas d’accomplir, très certainement. C’est là mon vrai travail, celui qui occupe une bonne partie de mon temps. Je jongle donc entre ces après-midi passées aux archives, m’adaptant à leurs horaires autant que faire se peut (les locaux fermant à 16h30, il m’est difficile d’être toujours très efficace), entre les passages à la bibliothèque, et le travail faramineux qu’il me reste une fois rentrée à la maison.

Mais j’aime ça. J’aime quitter la bibliothèque de l’université les bras plein de bouquins, et, toujours insatisfaite, aller me réfugier à la médiathèque qui se trouve à deux pas de chez moi, et compléter le tas. Une pile de livres haute comme moi, la plupart que je ne lirai pas, ou peu, mais certains recelant de trésors, de mines d’or. Et de cotes. Ah, les cotes ! Cette petite suite de lettres et de chiffres qui me conduisent tout droit aux archives, où je m’enferme parfois des après-midi durant à la recherche d’un infime bout de papier. J’aime ces moments là, aussi. J’aime voir arriver le dossier commandé, poussiéreux, soigneusement fermé. Aller m’installer à ma table de travail, ouvrir le carton, et découvrir cette liasse de feuilles jaunies, rongées, garnies de mille et un secrets. J’ai la chance d’étudier un personnage en particulier. Une femme du 18e siècle. J’ai la chance, surtout, de travailler sur sa correspondance. Imaginez le délice de cette rencontre entre mon époque et la sienne. Je lis ses mots, dévore ses lettres, découvre son histoire. Au contact du papier, j’essaie de deviner ses mains, l’encre qu’elle a fait couler dessus, les pensées qu’elle y a abandonné, quelques siècles plus tôt. Je suis fascinée par cette possibilité qui s’offre à moi de défier les lois du temps, de remonter les années, de traverser les siècles.

J’aime le travail qui m’est demandé. Cette possibilité d’aller toujours un peu plus loin, de me dépasser. Aller chercher ce petit détail qui fera toute la différence, permettra de remettre en ordre toute cette pagaille et de résoudre enfin l’énigme. Je suis ravie de pouvoir continuer d’alimenter mon esprit, d’avoir eu la possibilité de choisir un sujet qui, depuis très longtemps déjà, me plait. Et heureuse de l’avoir fait pour une période qui, cependant, m’était alors absolument inconnue. J’aime apprendre, c’est le plus solide des enrichissements, et c’est un des plus beaux cadeaux que je puisse m’accorder, je crois.

Peut-être vous parlerais-je un jour plus en détail de cette femme d’un autre siècle, de son affaire, de ses déconvenues. Peut-être consacrerais-je une série d’articles à ce qu’elle a vécu, et à ce qu’elle nous apprend. A son mari violent, à leur séparation, à son entreprise. Ce serait l’occasion d’évoquer un sujet qui me tient à coeur. Dont je ferai peut-être une rubrique, d’ailleurs, pourquoi pas ? Quelques articles sur l’histoire des femmes, ça vous intéresserait peut-être ? Ce qui est sûr, c’est que j’y prendrai un plaisir immense. Et rien que pour ça, l’aventure faut la peine d’être tentée, je pense.
En attendant, rendez-vous demain pour la suite de ce challenge, « 29 jours de gratitudE ».

# 29 jours de gratitude – Jour 2 – Mes amours

Pour l’instant, ce défi gratitude fonctionne bien, je m’y tiens. Nous ne sommes que le deux février, certes, mais il n’y a pas de petite victoire. On enchaîne donc aujourd’hui avec le deuxième thème : mes amours.amours-gratitude-landscape

Mes amours ? Mais lesquels ? D’amour, vraiment, je n’en ai qu’un, et je l’ai mentionné déjà plusieurs fois par ici. Je me suis souvent retenue d’employer ce mot-ci, galvaudé à mes yeux, encore que.

Mon amour, donc, c’est lui. Lui, voilà bientôt trois ans qu’il partage ma vie – et quelle vie ! Et je ne sais pas comment, par quels mots, par quels signes, je pourrais suffisamment lui dire merci. Parce qu’il est arrivé au moment le moins opportun, et qu’il a du bien trop longtemps du me porter à bout de bras. Subir des scènes, des absences, des silences et des cris, sans mot dire, jamais, ne cessant de chercher les mots, les gestes.

Alors je lui suis reconnaissante, à lui, à lui seulement, pour tout ce temps passé. Pour nos promenades parisiennes du week-end, nos après-midi écoulées sous le soleil de ces deux étés passés. Pour ces centaines de verres en terrasse, ces chocolats, ces cafés crèmes. Je suis reconnaissante pour une infinité de moments tranquillement vécus, ces étreintes, ces adieux silencieux, ces retrouvailles muettes. Pour nos après-midis passées dans les magasins de mobilier, à la recherche de la perle rare qui saura me décider, ces journées à arpenter les rayons pour meubler cet appartement vide, prêt à s’emplir de nos passions. Ces bouquins entassés, avalés, dévorés. Ces vinyles dénichés dans une brocante improvisée. Ces petits plats cuisinés. Ces soirées. Ces Noëls. Ces surprises.

Ces sentiments partagés.

Je sais que tu passeras lire ces lignes, je sais aussi que tu ne m’en parleras pas. C’est bien comme ça. 🙂