Agnès D. : une YouTubeuse déjantée qui fait du bien !

La découverte web du mois sera probablement celle-là : Agnès D., qui tient une chaîne Youtube depuis pas bien longtemps – 24 février 2015 nous renseigne la page de la dite dame – et qui est à mon avis bien trop peu connue. Petite présentation.

Personnalité multiple

L’idée originale et qui ajoute à la chaîne son petit côté atypique, est la création de personnages divers, que j’interprète comme une démultiplication de sa personnalité, une manière de confronter ses paradoxes, mais aussi de prendre toujours du recul par rapport aux propos énoncés. Sur sa bannière on compte trois personnages mais j’ai parfois l’impression qu’il y en a davantage.

Tu feras très rapidement connaissance avec sa « cruche« , spécialiste des conseils make-up, fashion et autres démonstrations girly. Agnès D. s’en moque ouvertement mais le fait avec une forme d’indulgence et rendant son personnage malgré tout si sympathique que la critique passe bien. L’idée est qu’on est nombreuses à se laisser prendre au jeu, à écouter béatement les conseils énoncés qui ne sont pas tous à bannir, mais avec lesquels il est important de garder une certaine distance critique. Pour un petit aperçu, je te recommande cette vidéo, qui est justement celle qui me fit découvrir la Youtubeuse, et que j’ai vraiment beaucoup aimée.

youtube-maquillage-cruche

L’autre personnage est désigné comme son « troll« , et m’amuse énormément. Très moqueur à l’égard des propos d’Agnès D., elle semble anticiper les critiques qui pourraient être faites par les internautes, et permet de rire de tout ce qui est dit plutôt que de s’en offusquer, d’en grimacer ou même de trop s’y attacher. Car encore une fois, elle nous garde à distance.

youtube-video-decouverte

Enfin, « Moi », Agnès D. en personne, sans far et sans artifices, nous présente ses conseils divers, ses avis sur tout un tas de sujets d’actualité ou non, tendances ou non.

Parler de ce qui a déjà été dit mille fois. Autrement.

C’est ce que j’admire dans la démarche et ce qui m’a fait m’abonner très vite à la chaîne. Agnès D. te parle de ce que tu as déjà entendu mille fois. Mais elle t’en parle différemment. Elle met de côté toutes les politesses, évite tous les détours, et te raconte le tout avec une franchise souvent très amusante. Comme l’impression de prendre un verre avec une bonne copine, un vendredi soir après le travail. Elle te racontera sa grossesse, ou son rapport à ses cheveux, qu’elle a perdus et qu’elle cherche à faire repousser. Elle te parlera de ces instants gênants que l’on connait toutes, chez l’esthéticienne ou chez la gynéco notamment. Elle en discute sans complexes, sans circonvolutions, et c’est ça que j’aime dans ces vidéos !

bio-youtube-agnes

Des conseils make-up originaux, du total-look Madonna au maquillage spécial enterrement, en passant par des parodies fort amusantes des astuces pour un look « naturel » ou pour se mettre enfin au « baking ». Autant de termes que l’on voit passer encore et encore sur Youtube et sur les blogs, et dont je suis personnellement assez lasse, mais auxquels elle redonne tout leur intérêt.. avec humour.

Mention spéciale pour son « tuto-féministe », très vrai, très drôle, très intelligent !

Agnes-feminisme-youtube

Allez faire un tour sur CETTE CHAÎNE HAUTE EN COULEURS, j’espère que ça vous plaira, moi j’adore, et j’espère que son travail finira par porter ses fruits parce que c’est grandement mérité.

Sagan se fait « Toxique » : un avis mitigé.

Sagan-lecture-fashion

Sur l’une des étagères de la bibliothèque, j’ai fini, indécise, par m’attarder sur ce grand livre bleu, épuré, mystérieux. Je ne l’ai même pas ouvert. J’ai lu en diagonale la quatrième de couverture, je connaissais vaguement Sagan depuis que j’en avais lu le premier roman, ici il s’agissait d’une sorte de journal tenu par l’écrivain lors de son séjour dans une clinique spécialisée. Suite à un accident de voiture, elle s’est vue prescrire de la morphine, prise quotidiennement, jusqu’à en devenir « intoxiquée ». L’idée m’intéresse, je suis emballée, je prends.

L’intérêt clinique

Récit d’une lutte contre la dépendance, récit de ces journées trop longues, de ce besoin physique beaucoup trop douloureux. Des notes éparses, des feuilles blanches. J’ai toujours été assez attirée par cet univers. Longtemps je me suis intéressée à l’internement, à son histoire, à ce qui fut longtemps considéré comme une folie, à ce qui l’est toujours, à ce qui ne l’est plus. J’avais un intérêt marqué pour les manifestations de la dépression, leur traitement, leur vanité. J’ai pensé retrouver cela dans ce bouquin. De manière particulière, puisqu’il me permettait d’entrer dans la tête d’une personne qui le vivait, qui l’écrivait au quotidien. Saisissant.

J’ai retrouvé l’écriture de Françoise Sagan. Sa légèreté un peu grave parfois. Son besoin de sortir, de faire la fête, d’oublier. Et j’ai aimé lire son désespoir, enfermée dans un petit espace aseptisé où les horaires étaient trop réguliers, les gens trop lents, la vie trop vide. J’ai partagé ses craintes, sa mélancolie parfois. Son impression de servilité, la peur que tout cela ne s’arrête jamais. La peur de s’y perdre. L’angoisse de la sortie, ou de l’impossibilité d’une quelconque issue. J’ai aimé Sagan. Mais.

Un livre illustré.

Toxique-illustration-stockJ’ai trouvé le livre trop chargé. J’ai trouvé que les illustrations, proposées par Bernard Buffet, desservaient totalement le texte. Ils l’écrasaient, le réduisaient à quelques lignes qui se noyaient sous des coups de crayons un peu grossiers, et m’ont rendu la lecture malaisée.

J’étais sans cesse distraite par ces corps nus à chaque page répétés, j’ai trouvé qu’ils n’apportaient pas grand chose au livre. Je suis pourtant une grande adepte du dessin, j’aime beaucoup l’illustration, mais je crois que pour ce type de livre, il ne doit pas se faire si envahissant. Et surtout, je n’ai pas été convaincue par ses propositions. C’est dommage, car l’idée était bonne, et m’avais d’abord séduite.

J’en garde malgré tout un assez bon souvenir, c’était une expérience intéressante, et le livre est si court que tu peux le lire en un jour.. Pourquoi ne pas se laisser tenter ?

# Objectif culture : mes envies du mois de mars

Objectif culture mars

Il semble que je fasse mes projets culturels de plus en plus tard. A ce rythme là, je perdrais bientôt un mois de mon année. Des évènements survenus ces derniers temps m’ont empêchés de me pencher sur la question, je n’avais pas la tête à l’art, encore moins la tête à lire. Mais une fois la torpeur passée, reviens cette avidité de culture pour combler tout le vide laissé par ces tristes nouvelles. Aussi, je compte bien ne pas lésiner sur ce point, pour ce mois qui promet d’être bien rempli, néanmoins. Voyons tout cela point par point !

Pour ce mois de mars, pour ce dernier mois dans mes vingt-deux ans, j’envisage de rencontrer :

CINEMA :

  • Belgica, de Felix VAN GROENINGEN
  • Louis-Ferdinand Céline, de Emmanuel BOURDIEU
  • Suite Armoricaine, de Pascal BRETON
  • Solange et les vivants, d’Ina MIHALACHE

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Suite armosolange LIVRES :

  • Les gens dans l’enveloppe, Isabelle MONNIN
  • Défense des droits des femmes (extraits),  Mary WOLLSTONECRAFT
  • L’homme révolté, Albert CAMUS
  • Toxique, Françoise SAGAN

gens dans l'enveloppewollstonecraft homme révolté toxique

EXPOSITIONS :

  • Chefs-d’oeuvre de Budapest, au Musée du Luxembourg
  • L’Art et l’Enfant, au Musée Marmottan Monet

art et enfant budapest

SPECTACLES :

  • Rosa Liberté, de Filip FORGEAU, au Théâtre de l’épée de bois-Cartoucherie
  • Louise  Michel, la louve, par Alain DUPRAT, au Guichet-Montparnasse
  • Athalie, par Olivier BRUAUX, au Théâtre du Nord
  • Anna Karénina, par Cerise Guy, au Théâtre 14 (un pari risqué, j’ai vraiment dévoré le bouquin…)

Anna louise michel rosa

On se retrouve à la fin du mois pour un petit bilan de tout ça ?

D’ici là, bonnes lectures, bons spectacles, belles découvertes à tous !

Objectif culture : bilan de février

BILAN DE FEVRIER

Le mois de février fut plus réussi que ne l’avait été janvier. J’ai mis quelque temps mon mémoire de côté pour me consacrer à ce que j’aime et qui me manquait. J’ai participé à un challenge, le week-end à 1000, proposé par Lili bouquine depuis un certain temps déjà mais que je viens seulement de découvrir. Le principe étant, pour simplifier, de lire 1000 pages en un week-end. Ayant eu à faire à quelques contretemps, je n’ai pu lire « que » 650 pages, mais l’objectif était surtout pour moi de renouer avec cet amour un peu délaissé de la lecture, et ce fut une réussite. Au niveau des films, je n’ai rien vu de ce que j’avais prévu de voir, mais j’ai fait malgré tout des découvertes qui méritent d’être évoquées. J’ai également vu l’exposition sur Victor Hugo, parce qu’elle me tentait beaucoup et qu’elle se terminait ce mois-ci. Côté spectacle, hormis une représentation de violoncelle de l’amoureux, rien à signaler… Il faudra que je me motive davantage à l’avenir, mais ce froid glacial qui me griffe les joues chaque fois que je mets le nez dehors me décourage un peu

¶ CINEMA : 4 / 4
¶ LIVRES   : 5 / 3
¶ EXPOS    : 1 / 2
¶ SORTIE  : 0 / 1

DES OCCASIONS A SAISIR

Du côté du cinéma, je n’ai rien vu de ce que j’avais planifié. D’ailleurs, pour être honnête, je n’ai choisi aucun des films que j’ai fini par aller visionner. Cela m’a permis d’avoir de bonnes surprises, mais dans l’ensemble, je suis assez déçue.

J’ai vu d’abord le film roumain Le Trésor dont je vous ai déjà parlé et sur lequel je ne m’attarderai donc pas. Il faut juste savoir qu’il s’agissait là d’une invitation de la part de Sens critique qui me permit de découvrir un film que je n’aurais pas vu sans cela, et qui m’a ouvert la voie du cinéma européen.
Toujours par Senscritique, j’ai vu Saint Amour, dont l’affiche ressemble plus à celle d’une pièce de théâtre à mon goût, et que vous aurez sûrement croisée ces derniers jours. Saint Amour n’est pas mauvais. C’est un film français. Il parle de ce choc culturel qui peut avoir lieu entre le monde paysan et le microcosme parisien – choc culturel qui se matérialise aux détours des allées du Salon de l’Agriculture. Il parle d’un fils d’agriculteur qui refuse de suivre son père et préfère se construire autre chose, ailleurs. Pour renouer avec ce fils – incarné par Benoît Poelvoord – Gérard Depardieu (le père donc), choisi de l’emmener faire une route des vins. S’en suivent moult péripéties toutes aussi drôles les unes que les autres, et non dénuées de tendresse. J’ai passé un très bon moment. C’est le genre de film que je ne regarderais pas de moi-même, mais qui se laisse voir avec plaisir. Un bon moment qui ne laissera que peu de traces.
Je me suis laissée traînée au cinéma par une amie pour y voir le dernier Tarantino, Les Huit Salopards. Je ne suis pas fan de ce réalisateur et de son côté sanguinolent. J’ai été agréablement surprise par ce film et par son histoire. Il est long, vraiment, mais j’ai pris du plaisir à le voir, à en découvrir les personnages, l’atmosphère. Malheureusement, il a fallu que durant le dernier quart d’heure Tarantino nous fasse cadeau de sa marque de fabrication, à base de coups de feu, de crânes qui explosent, de sang qui gicle et d’hommes qui hurlent et se bidonnent. Mais c’est drôle, il faut bien l’avouer, même si j’ai passé ces derniers instants la tête enfouie dans le fauteuil d’en face.
Enfin, The Revenant, dont je reparlerai sûrement. J’ai déjà écrit un billet au sujet de son directeur de photographie, à qui le film doit beaucoup. Leonardo DiCaprio réalise quant à lui une véritable performance qui a été justement récompensée à mes yeux. Mais le reste mérite d’être évoqué et je le ferai plus longuement dans un billet qui lui sera consacré.

CURE DE LECTURE

Ce mois-ci, j’ai battu des records, pour mon plus grand plaisir ! J’ai beaucoup lu, et fait de belles découvertes. J’ai parlé quasiment de toutes ces lectures dans des billets divers, sur Françoise Sagan, Daniel Pennac ou encore Modiano. Tous méritent qu’on s’y attarde, et je le ferai bientôt. J’aimerais parler surtout un peu plus longuement du livre de Delphine De Vigan, Les Heures Souterraines, qui est l’un de ses premiers essais, et si on y reconnait bien la plume, il me paraît se distinguer quelque peu de ses ouvrages ultérieurs. Je l’ai beaucoup aimé, il m’a fait réfléchir, j’y reviendrai. J’ai également terminé Emilie, Emilie, qui retrace la vie de deux ambitieuses du XVIIIe siècle, Emilie du Châtelet et Louise d’Epinay. Elles méritent chacune une page à elles seules, je le ferai également.

J’ai aimé ce mois de lecture intensive, ne lâchant mes bouquins que pour mieux les retrouver. Echanger des regards avec les passagers du métro qui attardaient le leur sur la couverture du livre entre mes mains. Discuter avec des amis de ma dernière lecture. Echanger des conseils pour celles à venir. Je me suis crée un cocon, j’ai passé des week-end blottie dans mon canapé, un plaid sur les genoux, un café sur la table basse, une pile de bouquin haute comme moi à mes pieds. Voyager dans le temps, dans l’espace, découvrir mille et une personnes et me fondre dans leurs réflexions, leurs petits bonheurs, leurs angoisses. C’est une sensation que j’avais oubliée, ce dédoublement de soi-même à la lecture d’autrui. C’est un plaisir que j’avais mis de côté et qui m’avait manqué. Je m’y replonge avec délice.

L’arnaque du siècle : Eros Hugo

C’est une exposition que je voulais voir depuis un moment. Personne n’était motivé pour m’y accompagner, je m’y suis donc rendue seule, la veille de sa fermeture. J’avais pris avec moi un carnet de croquis – quelle bonne idée j’avais eu là ! Sans lui, je serais ressortie dix minutes après avoir enfin réussi à entrer. Trente minutes de queue, 5 euros le billet : le tout pour voir trois pauvres pièces remplies tant bien que mal de tableaux sans liens directs avec l’écrivain, et de citations de celui-ci affichées au mur pour donner le change.

Je suis ressortie bien déçue. L’idée était bonne. Montrer cet écart qu’il y avait entre la poésie, l’écriture hugolienne, pleine de romantisme et de pudeur, et sa vie de débauche, d’infidélités, de passions successives. Il y aurait eu matière à s’interroger, à élaborer. Faire le portrait d’une société en proie à ses préjugés, hypocrite peut-être, paradoxale sûrement. Mais le tout a été très mal rendu, je n’ai pas saisi l’ambition de cette courte exposition. Tout ce que j’ai pu en tirer, c’est cinq ou six croquis gribouillés sur les pages de mon nouveau carnet.

Voilà pour ce bilan de février. Je me laisse quelques temps pour le digérer, et réfléchir à mes prochaines ambitions du printemps. Nous nous retrouverons bien vite sur ce sujet !

As-tu fait de belles découvertes en février ? Que me conseillerais-tu pour le mois prochain ?

# Objectif culture : mes envies du mois de février

Les envies de févrierNous sommes déjà le cinq février, le temps file à une allure folle, et je n’ai pas encore eu le temps de faire mes projets pour le mois à venir. Le mois sera court, et la liste toujours aussi longue, et je me demande parfois s’il est bien judicieux de s’imposer des objectifs chiffrés aussi rigoureux. Cela n’enlève-t-il pas de sa poésie à l’envie de culture ? Est-il bien raisonnable de se forcer à la lecture ? Je ne sais pas. Je sais seulement que j’ai passé des années à bien trop délaisser ces occupations, et que j’y reprends goût, enfin. Ce défi mensuel est aussi une façon de garder le rythme. J’y trouve mon compte, et peut-être que toi aussi.

Pour ce petit mois de 29 jours donc,
j’envisage de rencontrer :

CINEMA :

  • Alaska, de Claudio CUPELLINI
  • Anomalisa, film d’animation de Juke JOHNSON
  • Peur de rien, de Danielle ARBID
  • L’homme qui répare les femmes : la colère d’Hippocrate, un documentaire de Thierry MICHEL

alaska Anomalisa homme-fìlm peur de rien

 

 

 

 

LIVRES :

  • Emilie, Emilie, ou l’ambition féminine au XVIIIe siècle, une biographie sur Emilie du Châtelet par Elisabeth BADINTER
  • Journal d’un corps, par Daniel PENNAC (il était déjà sur ma liste de janvier, mais j’ai manqué de temps pour le lire, or j’y tiens vraiment)
  • Les gens dans l’enveloppe, d’Isabelle MONNIN
  • Le classique Bonjour Tristesse, de Françoise SAGAN, qui m’a toujours un peu rebuté… J’espère le terminer cette fois-ci !

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EXPOSITIONS :

  • Eros Hugo, à la Maison de Victor Hugo (ce qui me permettra d’en faire la découverte, par la même occasion…)
  • Bettina Rheims, la femme dans tous ses états, à la Maison européenne de la photographie
  • Fernell Franco, Cali clair-obscur, à la Fondation Cartier pour l’Art contemporain

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SPECTACLE :

  • Un adaptation de Pinocchio par Joël POMMERAT au Théâtre de l’Avant-Scène à Colombes

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J’essaierai de me montrer plus assidue ce mois-ci, et surtout je te tiendrai au courant de tout !

& toi, quels sont tes projets pour le mois qui vient ?

Objectif culture : le (honteux) bilan de janvier

Un mois déjà. Janvier a défilé à une allure folle, et nous voilà déjà à l’aube de février, faisant le bilan de ces quatre premières semaines de l’année. J’étais pleine de bonnes résolutions et je ne suis pas sûre de pouvoir me satisfaire de les avoir respectées. Mais peut-être les écarts fait à la règle sont-ils finalement ce qu’il y a de plus intéressant. Je ne sais pas. Et je ne suis pas là pour réfléchir à cela, nous risquerions de nous perdre, après être partis bien loin.

Le mois de janvier s’est écoulé, et c’est les pieds rentrés et le menton baissé que je viens ici faire mon bilan culturel. Je m’étais fixé un certain nombre d’objectifs dont je vous faisais part ici, et j’ai eu bien de la peine à me montrer à la hauteur de mes ambitions.

Pour récapituler grossièrement :

¶ CINEMA : 1 / 4
¶ LIVRES   : 3 / 3
¶ EXPOS    : 1 / 2
¶ SORTIE  : 0 / 1
TOTAL   : 5 / 10

J’atteins péniblement la moyenne, et l’on remerciera pour ça mon amour renaissant pour la littérature. C’est d’ailleurs sur deux de ces bouquins que je vous ai fait un bilan en cours de route, l’un sur La Vénus à la Fourrure, l’autre sur La Douce de Dostoievski, qui est, comme prévu, celui que j’aurais préféré en ce début d’année. Le troisième livre que j’ai eu le courage de lire est celui de Marguerite Duras : Yann Andréa Steiner.

Une étrange déconvenue

J’aime beaucoup l’écriture de Marguerite Duras, autant que son personnage me semble-t-il. Je l’ai découverte il y a longtemps, par la lecture de Moderato Cantabile, qui est loin d’être ma favorite, mais qui m’a permis une première approche assez prometteuse, et finalement fort représentative de l’univers de l’écrivain en question. J’ai par la suite rencontré Un barrage contre le Pacifique, qui me paraît assez différent de ses autres écrits mais que j’ai dévoré avidement, un véritable roman plein d’ambiguité, de sincérité, d’expériences. Mes rencontres ultérieures seront celles de l’Amant, et de Lol V. Stein, ce dernier étant de loin le livre que j’ai préféré, étant tombée littéralement amoureuse de ce fragile personnage, incarnation s’il en est de la poésie dans un roman. D’où ma surprise à la lecture de Yann Andréa Steiner. Le titre m’avait naïvement mis l’eau à la bouche, et je me lançais dans cette lecture pleine d’assurance et de curiosité, impatiente de retrouver l’univers d’une auteur en qui j’ai entièrement confiance. Malheureusement, je me heurtais à bien des difficultés. L’écriture de ce roman est, comme toujours, assez originale. Il s’agit semble-t-il d’une conversation entre l’auteur et le fameux Yann Andréa Steiner. Nous nous immisçons dans cette conversation désordonnée, qui semble sans but, si ce n’est celui de rappeler à la mémoire de l’un et de l’autre, les souvenirs de ces semaines passées ensemble, il y a quelques temps, dans cet appartement de bord de mer. J’ai aimé l’atmosphère, j’ai été touchée littéralement par certains passages emprunts d’une douceur certaine et d’une réelle poésie, j’ai aimé ce ton de confession, ce langage parlé propre à la conversation… Mais je me suis sentie désagréablement exclue de cet échange qui m’a paru trop souvent incompréhensible. Les noms changent d’une page à l’autre, les temps ne concordent pas, les phrases n’aboutissent pas… Il m’a paru que le style bien caractéristique de Duras était ici poussé à son extrémité, et j’en ai été très décontenancée. Peut-être suis-je passé à côté d’une dimension importante de livre. Je ne sais pas. Et je suis frustrée par cette incompréhension…

J’ai déserté les salles de cinéma…

La grande surprise de ce mois-ci, finalement, fut ce peu d’entrain à aller au cinéma. Moi qui, jusqu’à maintenant, m’accordais ce plaisir d’aller m’isoler une heure, deux heures, trois heures parfois dans les salles sombres et silencieuses des cinémas parisiens, me laissant embarquer par mille et une intrigues, ce mois-ci, je me suis forcée à y aller, et cela une seule et unique fois. Pourtant, un certain nombre de films m’attiraient très certainement. Mais la motivation n’était pas là. Peut-être la faute au froid. C’est ce que l’on dira, en tout cas.

Ce mois-ci donc, le seul film visionné fut Carol, et je ne sais pas tellement quoi vous en dire, si ce n’est que j’ai visionné ce film avec plaisir, que ça m’a fait du bien, que je trouve Cate Blanchett divine dans son rôle. Au delà de ça, l’histoire ne me parait proposer rien de bien nouveau, aussi prenante soit-elle. Une jolie découverte, mais pas le film de 2016 à mon goût, malgré son succès certain !

Privée de sortie !

Je ne vous parlerai ni théâtre, ni danse, ni quoi que ce soit de ce genre puisque je ne suis pas sortie ce mois-ci. Je voulais aller voir Roméo et Juliette à la Comédie Française, une adaptation de la très célèbre oeuvre shakespearienne qui m’attire énormément, mais qui était malheureusement complète. Pour toutes les dates. Je guette la date des prochaines réservations, je compte bien y aller, même si le sort est contre moi !

La seule sortie se range dans la catégorie exposition, et c’est pour aller voir Splendeur et Misères que je me suis décidée à mettre le nez dehors. L’exposition s’intéressait à la pratique de la prostitution au cours de ces derniers siècles, particulièrement à travers la peinture et la photographie, mais le parcours proposé était également agrémenté de citations d’écrivains divers s’étant penchés sur le sujet, de films à tendance pornographique je crois qu’on peut le dire, de mobilier etc. J’ai été ravie de cette visite, j’y ai appris bien des choses et je me suis rempli les yeux comme l’esprit de représentations étonnantes ! Malheureusement l’exposition est terminée, je ne m’attarderai donc pas davantage à ce sujet…

Voilà, l’expérience est peu concluante en somme, pour ce premier mois de l’année, mais j’espère me rattraper le mois prochain ! Côté ciné, je ne suis pas très emballée par les sorties à venir, mais j’ai repéré des expositions intéressantes, j’ai une liste de livres en attente qui m’assure contre la panne d’inspiration pour les dix années à venir, et côté théâtre, comme je vous l’ai dit, je mise à nouveau sur Roméo et Juliette… En espérant un meilleur succès que la dernière fois !

& toi, tu es sorti ce mois-ci ?
Que me conseillerais-tu pour le mois prochain ?