Parle-moi toujours, Solange.

Solange – Solange te parle.

Solange me parle ! Et c’est fou comme j’aime ça.
Solange est un personnage, incarné par Ina Mihalache, mais ça, on s’en fiche. Je n’ai pas envie de prendre un tel recul, je veux croire à ce personnage auquel je suis si attachée.

J’ai découvert ses vidéos un soir d’automne, j’étais trop fatiguée pour travailler, pour lire, pour faire un peu de yoga avant de dormir. Pas assez pour m’abandonner définitivement au sommeil. J’ai croisé son chemin.
J’ai regardé ses vidéos, les unes après les autres, les plus récentes d’abord, les plus populaires, et puis comme je n’en avais pas eu assez, comme de Solange nous ne sommes jamais rassasiée, je suis remontée dans le temps, je suis allée voir comment elle était, avant.

Il est difficile de décrire Solange. Je m’attacherai alors avant tout à tenter d’expliquer pourquoi j’aime Solange. J’aime sa voix d’enfant, de petite fille qui me parle d’une voix assez faible, assez lente, comme par une timidité attachante, rassurante. C’est le partage dans un murmure, et la rencontre avec une conscience, une conscience qui me ressemble et qui me fait du bien. Elle laisse glisser les mots hors de sa bouche et tout de suite ils deviennent poésie, c’est la beauté du détail, la sincérité de l’être, l’invitation à faire de même, à se révéler.

Solange m’a donné envie de me révéler dans toute mon originalité. Voilà, Solange pour moi, c’est l’éloge de la marginalité, de la bizarrerie, l’assurance de l’individualité.

Allez voir, dites-moi ce que vous en pensez, j’en suis curieuse !
Parfois, on n’aime pas quand Solange nous parle, j’aimerais savoir pourquoi. Et sinon, je serais ravie que vous partagiez avec moi un coup de coeur.

Bonne découverte (ou pas, d’ailleurs, parce que Solange a déjà son public, un public qui ne fait que s’accroître, et c’est tant mieux !)

Faites connaissance.

Pleine Conscience.

Solange Partage.

Solange Je T’aime.

La République Bobo

La République Bobo.

L’esthétique du livre devrait suffire à vous interpeler, vous poussez à le glisser au fond de votre sac avant de l’exposer dans votre bibliothèque, ou, comme moi, bien en évidence sur votre table de chevet. Une sorte de couverture en papier recyclé, dont la simplicité fait toute l’originalité, en fait.

Il ne s’agit pas là uniquement d’une découverte déco, mais bien d’un coup de cœur littéraire, que je dois aux auteurs Laure Watrin et Thomas Legrand, bobo « assumés » disent-ils, et tous deux journalistes. Ils se revendiquent bobo – fait rare mais avéré – sans bien savoir tout compte fait à quoi rapporte concrètement cette appellation aujourd’hui le plus souvent insultante.

C’est justement autour de cette incertitude que vont jongler les deux journalistes, pour essayer d’en préciser les contours, ce qui les conduit à prendre la défense du bobo, aussi caricatural soit-il.

« Tout le monde en parle, tout le monde les déteste, personne ne sait vraiment qui ils sont. »
Voilà qui résumerait fort bien l’état actuel des choses.

bobos - sans bourgeois

L’omniprésence du terme rend son analyse percutante, elle a attisé ma curiosité, je me suis plongée dedans et ne m’en suis toujours pas retiré. Watrin & Thomas tentent d’exposer une analyse un peu plus poussée d’un phénomène sans cesse ressassé, d’un mot moult et moult fois utilisé, dans des contextes bien différents et parfois même antagonistes. Quelle réalité se cache derrière cette appellation somme toute ridicule ? En explorant le thème, les auteurs renversent le phénomène, au delà du caractère insultant du dénominatif, ils y démêlent le positif.

Difficile de caractérisé le genre du bouquin. On y décèle une tendance sociologique sans en approfondir la méthode, une influence journalistique mais qui échappe à ses apories actuelles. Dans cette quête, ils s’appuient sur des analyses plus ou moins récentes déjà entamées, des interviews, des études géographiques, urbanistes, historiques, sociologiques, politiques, ils analysent les discours, tentant de démêler, dans tout ça, une quelconque « réalité bobo ».

Le bobo c’est qui, c’est quoi ? Le bobo, c’est la contradiction disent-il, avant tout. Entre individualisme, égocentrisme et ouverture sur les autres, sur le monde, le bobo agace parce qu’il serait « hypocrite ». Et c’est autour de son ambivalence que naviguent nos auteurs, en quête d’une vérité qu’ils auront bien du mal à déterminer, tant ce que le bobo désigne varie d’un individu à l’autre, de la gauche à la droit, de la campagne à la ville, et entre les bobos eux-mêmes. La République bobo, ça nous plait, parce que ça nous concerne un peu, ça nous touche de près ou de loin. La bobo c’est toi, c’est moi, et dans le pire des cas, c’est ton voisin.

On aurait presque envie de se revendiquer bobo à la fin de cette lecture, très agréable au passage parce que rédigée en toute simplicité, avec une note d’humour, d’ironie, ça et là, mais une rigueur malgré tout rassurante.

Cette découverte, je la dois à la sublime Solange, de la chaîne Solangeteparle, que je présenterai dans un prochain article parce que, ici encore, elle en vaut le détour. Et je lui laisse donc le mot de la fin avec plaisir :

« JE SUIS BOBO ET JE VOUS EMMERDE. »