Objectif culture : bilan de février

BILAN DE FEVRIER

Le mois de février fut plus réussi que ne l’avait été janvier. J’ai mis quelque temps mon mémoire de côté pour me consacrer à ce que j’aime et qui me manquait. J’ai participé à un challenge, le week-end à 1000, proposé par Lili bouquine depuis un certain temps déjà mais que je viens seulement de découvrir. Le principe étant, pour simplifier, de lire 1000 pages en un week-end. Ayant eu à faire à quelques contretemps, je n’ai pu lire « que » 650 pages, mais l’objectif était surtout pour moi de renouer avec cet amour un peu délaissé de la lecture, et ce fut une réussite. Au niveau des films, je n’ai rien vu de ce que j’avais prévu de voir, mais j’ai fait malgré tout des découvertes qui méritent d’être évoquées. J’ai également vu l’exposition sur Victor Hugo, parce qu’elle me tentait beaucoup et qu’elle se terminait ce mois-ci. Côté spectacle, hormis une représentation de violoncelle de l’amoureux, rien à signaler… Il faudra que je me motive davantage à l’avenir, mais ce froid glacial qui me griffe les joues chaque fois que je mets le nez dehors me décourage un peu

¶ CINEMA : 4 / 4
¶ LIVRES   : 5 / 3
¶ EXPOS    : 1 / 2
¶ SORTIE  : 0 / 1

DES OCCASIONS A SAISIR

Du côté du cinéma, je n’ai rien vu de ce que j’avais planifié. D’ailleurs, pour être honnête, je n’ai choisi aucun des films que j’ai fini par aller visionner. Cela m’a permis d’avoir de bonnes surprises, mais dans l’ensemble, je suis assez déçue.

J’ai vu d’abord le film roumain Le Trésor dont je vous ai déjà parlé et sur lequel je ne m’attarderai donc pas. Il faut juste savoir qu’il s’agissait là d’une invitation de la part de Sens critique qui me permit de découvrir un film que je n’aurais pas vu sans cela, et qui m’a ouvert la voie du cinéma européen.
Toujours par Senscritique, j’ai vu Saint Amour, dont l’affiche ressemble plus à celle d’une pièce de théâtre à mon goût, et que vous aurez sûrement croisée ces derniers jours. Saint Amour n’est pas mauvais. C’est un film français. Il parle de ce choc culturel qui peut avoir lieu entre le monde paysan et le microcosme parisien – choc culturel qui se matérialise aux détours des allées du Salon de l’Agriculture. Il parle d’un fils d’agriculteur qui refuse de suivre son père et préfère se construire autre chose, ailleurs. Pour renouer avec ce fils – incarné par Benoît Poelvoord – Gérard Depardieu (le père donc), choisi de l’emmener faire une route des vins. S’en suivent moult péripéties toutes aussi drôles les unes que les autres, et non dénuées de tendresse. J’ai passé un très bon moment. C’est le genre de film que je ne regarderais pas de moi-même, mais qui se laisse voir avec plaisir. Un bon moment qui ne laissera que peu de traces.
Je me suis laissée traînée au cinéma par une amie pour y voir le dernier Tarantino, Les Huit Salopards. Je ne suis pas fan de ce réalisateur et de son côté sanguinolent. J’ai été agréablement surprise par ce film et par son histoire. Il est long, vraiment, mais j’ai pris du plaisir à le voir, à en découvrir les personnages, l’atmosphère. Malheureusement, il a fallu que durant le dernier quart d’heure Tarantino nous fasse cadeau de sa marque de fabrication, à base de coups de feu, de crânes qui explosent, de sang qui gicle et d’hommes qui hurlent et se bidonnent. Mais c’est drôle, il faut bien l’avouer, même si j’ai passé ces derniers instants la tête enfouie dans le fauteuil d’en face.
Enfin, The Revenant, dont je reparlerai sûrement. J’ai déjà écrit un billet au sujet de son directeur de photographie, à qui le film doit beaucoup. Leonardo DiCaprio réalise quant à lui une véritable performance qui a été justement récompensée à mes yeux. Mais le reste mérite d’être évoqué et je le ferai plus longuement dans un billet qui lui sera consacré.

CURE DE LECTURE

Ce mois-ci, j’ai battu des records, pour mon plus grand plaisir ! J’ai beaucoup lu, et fait de belles découvertes. J’ai parlé quasiment de toutes ces lectures dans des billets divers, sur Françoise Sagan, Daniel Pennac ou encore Modiano. Tous méritent qu’on s’y attarde, et je le ferai bientôt. J’aimerais parler surtout un peu plus longuement du livre de Delphine De Vigan, Les Heures Souterraines, qui est l’un de ses premiers essais, et si on y reconnait bien la plume, il me paraît se distinguer quelque peu de ses ouvrages ultérieurs. Je l’ai beaucoup aimé, il m’a fait réfléchir, j’y reviendrai. J’ai également terminé Emilie, Emilie, qui retrace la vie de deux ambitieuses du XVIIIe siècle, Emilie du Châtelet et Louise d’Epinay. Elles méritent chacune une page à elles seules, je le ferai également.

J’ai aimé ce mois de lecture intensive, ne lâchant mes bouquins que pour mieux les retrouver. Echanger des regards avec les passagers du métro qui attardaient le leur sur la couverture du livre entre mes mains. Discuter avec des amis de ma dernière lecture. Echanger des conseils pour celles à venir. Je me suis crée un cocon, j’ai passé des week-end blottie dans mon canapé, un plaid sur les genoux, un café sur la table basse, une pile de bouquin haute comme moi à mes pieds. Voyager dans le temps, dans l’espace, découvrir mille et une personnes et me fondre dans leurs réflexions, leurs petits bonheurs, leurs angoisses. C’est une sensation que j’avais oubliée, ce dédoublement de soi-même à la lecture d’autrui. C’est un plaisir que j’avais mis de côté et qui m’avait manqué. Je m’y replonge avec délice.

L’arnaque du siècle : Eros Hugo

C’est une exposition que je voulais voir depuis un moment. Personne n’était motivé pour m’y accompagner, je m’y suis donc rendue seule, la veille de sa fermeture. J’avais pris avec moi un carnet de croquis – quelle bonne idée j’avais eu là ! Sans lui, je serais ressortie dix minutes après avoir enfin réussi à entrer. Trente minutes de queue, 5 euros le billet : le tout pour voir trois pauvres pièces remplies tant bien que mal de tableaux sans liens directs avec l’écrivain, et de citations de celui-ci affichées au mur pour donner le change.

Je suis ressortie bien déçue. L’idée était bonne. Montrer cet écart qu’il y avait entre la poésie, l’écriture hugolienne, pleine de romantisme et de pudeur, et sa vie de débauche, d’infidélités, de passions successives. Il y aurait eu matière à s’interroger, à élaborer. Faire le portrait d’une société en proie à ses préjugés, hypocrite peut-être, paradoxale sûrement. Mais le tout a été très mal rendu, je n’ai pas saisi l’ambition de cette courte exposition. Tout ce que j’ai pu en tirer, c’est cinq ou six croquis gribouillés sur les pages de mon nouveau carnet.

Voilà pour ce bilan de février. Je me laisse quelques temps pour le digérer, et réfléchir à mes prochaines ambitions du printemps. Nous nous retrouverons bien vite sur ce sujet !

As-tu fait de belles découvertes en février ? Que me conseillerais-tu pour le mois prochain ?

Objectif culture : le (honteux) bilan de janvier

Un mois déjà. Janvier a défilé à une allure folle, et nous voilà déjà à l’aube de février, faisant le bilan de ces quatre premières semaines de l’année. J’étais pleine de bonnes résolutions et je ne suis pas sûre de pouvoir me satisfaire de les avoir respectées. Mais peut-être les écarts fait à la règle sont-ils finalement ce qu’il y a de plus intéressant. Je ne sais pas. Et je ne suis pas là pour réfléchir à cela, nous risquerions de nous perdre, après être partis bien loin.

Le mois de janvier s’est écoulé, et c’est les pieds rentrés et le menton baissé que je viens ici faire mon bilan culturel. Je m’étais fixé un certain nombre d’objectifs dont je vous faisais part ici, et j’ai eu bien de la peine à me montrer à la hauteur de mes ambitions.

Pour récapituler grossièrement :

¶ CINEMA : 1 / 4
¶ LIVRES   : 3 / 3
¶ EXPOS    : 1 / 2
¶ SORTIE  : 0 / 1
TOTAL   : 5 / 10

J’atteins péniblement la moyenne, et l’on remerciera pour ça mon amour renaissant pour la littérature. C’est d’ailleurs sur deux de ces bouquins que je vous ai fait un bilan en cours de route, l’un sur La Vénus à la Fourrure, l’autre sur La Douce de Dostoievski, qui est, comme prévu, celui que j’aurais préféré en ce début d’année. Le troisième livre que j’ai eu le courage de lire est celui de Marguerite Duras : Yann Andréa Steiner.

Une étrange déconvenue

J’aime beaucoup l’écriture de Marguerite Duras, autant que son personnage me semble-t-il. Je l’ai découverte il y a longtemps, par la lecture de Moderato Cantabile, qui est loin d’être ma favorite, mais qui m’a permis une première approche assez prometteuse, et finalement fort représentative de l’univers de l’écrivain en question. J’ai par la suite rencontré Un barrage contre le Pacifique, qui me paraît assez différent de ses autres écrits mais que j’ai dévoré avidement, un véritable roman plein d’ambiguité, de sincérité, d’expériences. Mes rencontres ultérieures seront celles de l’Amant, et de Lol V. Stein, ce dernier étant de loin le livre que j’ai préféré, étant tombée littéralement amoureuse de ce fragile personnage, incarnation s’il en est de la poésie dans un roman. D’où ma surprise à la lecture de Yann Andréa Steiner. Le titre m’avait naïvement mis l’eau à la bouche, et je me lançais dans cette lecture pleine d’assurance et de curiosité, impatiente de retrouver l’univers d’une auteur en qui j’ai entièrement confiance. Malheureusement, je me heurtais à bien des difficultés. L’écriture de ce roman est, comme toujours, assez originale. Il s’agit semble-t-il d’une conversation entre l’auteur et le fameux Yann Andréa Steiner. Nous nous immisçons dans cette conversation désordonnée, qui semble sans but, si ce n’est celui de rappeler à la mémoire de l’un et de l’autre, les souvenirs de ces semaines passées ensemble, il y a quelques temps, dans cet appartement de bord de mer. J’ai aimé l’atmosphère, j’ai été touchée littéralement par certains passages emprunts d’une douceur certaine et d’une réelle poésie, j’ai aimé ce ton de confession, ce langage parlé propre à la conversation… Mais je me suis sentie désagréablement exclue de cet échange qui m’a paru trop souvent incompréhensible. Les noms changent d’une page à l’autre, les temps ne concordent pas, les phrases n’aboutissent pas… Il m’a paru que le style bien caractéristique de Duras était ici poussé à son extrémité, et j’en ai été très décontenancée. Peut-être suis-je passé à côté d’une dimension importante de livre. Je ne sais pas. Et je suis frustrée par cette incompréhension…

J’ai déserté les salles de cinéma…

La grande surprise de ce mois-ci, finalement, fut ce peu d’entrain à aller au cinéma. Moi qui, jusqu’à maintenant, m’accordais ce plaisir d’aller m’isoler une heure, deux heures, trois heures parfois dans les salles sombres et silencieuses des cinémas parisiens, me laissant embarquer par mille et une intrigues, ce mois-ci, je me suis forcée à y aller, et cela une seule et unique fois. Pourtant, un certain nombre de films m’attiraient très certainement. Mais la motivation n’était pas là. Peut-être la faute au froid. C’est ce que l’on dira, en tout cas.

Ce mois-ci donc, le seul film visionné fut Carol, et je ne sais pas tellement quoi vous en dire, si ce n’est que j’ai visionné ce film avec plaisir, que ça m’a fait du bien, que je trouve Cate Blanchett divine dans son rôle. Au delà de ça, l’histoire ne me parait proposer rien de bien nouveau, aussi prenante soit-elle. Une jolie découverte, mais pas le film de 2016 à mon goût, malgré son succès certain !

Privée de sortie !

Je ne vous parlerai ni théâtre, ni danse, ni quoi que ce soit de ce genre puisque je ne suis pas sortie ce mois-ci. Je voulais aller voir Roméo et Juliette à la Comédie Française, une adaptation de la très célèbre oeuvre shakespearienne qui m’attire énormément, mais qui était malheureusement complète. Pour toutes les dates. Je guette la date des prochaines réservations, je compte bien y aller, même si le sort est contre moi !

La seule sortie se range dans la catégorie exposition, et c’est pour aller voir Splendeur et Misères que je me suis décidée à mettre le nez dehors. L’exposition s’intéressait à la pratique de la prostitution au cours de ces derniers siècles, particulièrement à travers la peinture et la photographie, mais le parcours proposé était également agrémenté de citations d’écrivains divers s’étant penchés sur le sujet, de films à tendance pornographique je crois qu’on peut le dire, de mobilier etc. J’ai été ravie de cette visite, j’y ai appris bien des choses et je me suis rempli les yeux comme l’esprit de représentations étonnantes ! Malheureusement l’exposition est terminée, je ne m’attarderai donc pas davantage à ce sujet…

Voilà, l’expérience est peu concluante en somme, pour ce premier mois de l’année, mais j’espère me rattraper le mois prochain ! Côté ciné, je ne suis pas très emballée par les sorties à venir, mais j’ai repéré des expositions intéressantes, j’ai une liste de livres en attente qui m’assure contre la panne d’inspiration pour les dix années à venir, et côté théâtre, comme je vous l’ai dit, je mise à nouveau sur Roméo et Juliette… En espérant un meilleur succès que la dernière fois !

& toi, tu es sorti ce mois-ci ?
Que me conseillerais-tu pour le mois prochain ?