(Très) mince, mais pas anorexique.

Love your body

« Elle a les bras si fins, quand elle te serre elle te ligote… »

Quand j’étais petite, une dizaine d’années environ, mes visites chez mon grand-père lui arrachaient toujours une grimace inquiète, et, plein de bienveillance, il m’apostrophait : « va falloir engraisser un peu tout ça hein ! », « Regardez ces petits bras ! Je vais te faire manger moi.. », « tu es si maigre… » et il me regardait les yeux rieurs mais le sourire inquiet. Ajoutez à cela une chevelure qui m’arrivait en haut des reins, et la coupe était pleine.

« …Elle veut être invisible, car elle se sent dans la marge, une rature en patte de mouche, toute illisible… »

Je ne vivais pas mal les commentaires de mon grand-père, je les savais emprunts de l’amour le plus sincère et son inquiétude n’en était qu’une preuve supplémentaire. Ce vieil homme si réservé et peu enclin aux démonstrations affectives avaient trouvé un moyen subtilement détourné de témoigner son affection. Malheureusement, ses réflexions venaient s’ajouter à la quantité d’autres remarques qui me poursuivaient jour après jour et venues d’un entourage qui était loin de m’être aussi proche que lui pouvait l’être. Les gens dans la rue me regardaient de travers, et mes professeurs de sport n’étaient pas avares de commentaires. J’avais une dizaine d’années, donc, l’âge où sa confiance en soi est vite ébranlée. L’avantage de cette silhouette toute en creux, c’est que je pouvais disparaître facilement. Aussi ai-je passé les années suivantes à me terrer dans un silence symptomatique, feuilletant ça et là des bouquins introuvables pour adopter le bon régime qui me ferait gonfler un peu. Sans formes, je n’étais pas désirable. Transparente. Pour couronner le tout, je me cachais derrière une frange trop longue et des pulls trop larges. Cette maigreur devint mon identité et j’arborais bien vite un squelette duquel je ne pouvais plus m’échapper.

« …C’est moi qui invite mets toi à table… »

Et puis j’ai fini par accepter une morphologie contre laquelle je ne pouvais rien et qui était une partie de moi. J’ai compris qu’il n’y avait pas de corps parfait et que la société était ainsi faite que peu importe la taille de ton pantalon, tes complexes trouveront toujours le moyen de s’appuyer sur un détail handicapant. J’ai peu parlé de celui qui m’a torturée pendant toutes ces années parce qu’il paraissait insensé, et, de fait, quand j’ai commencé à l’évoquer, les réactions se sont faites mitigées. Se plaindre d’un corps trop mince apparaît pour certain comme une aberration. Mais ce n’est pas ce corps qui m’encombre sinon les préjugés qui ne cessent de l’écraser de qualificatifs dégradants. Il ne se passe pas un repas sans que l’on jette un oeil à mon assiette. Si je mange trop peu on me croira superficielle et encline aux régimes. Si je mange beaucoup les réflexions jalouses fuseront de manière plus ou moins audible, quand on ne me soupçonnera pas de tout régurgiter une fois leurs yeux tournés.

J’aime mon corps quand il n’est pas passé à travers le filtre du regard des autres. Je m’y sens bien et j’ai appris à l’apprivoiser. Le yoga m’a beaucoup aidée dans cette démarche, comme j’en parlais il y a quelques temps dans un article consacré à cette pratique à elle seule très enrichissante. J’en prends soin et je le nourris correctement. Depuis que je fais un peu de sport, il s’est un peu épaissi, et je l’aime encore davantage pour cette raison. Je ne cherche pas à maigrir, je n’ai jamais voulu ressembler aux mannequins des podiums quoi que je leur trouve une certaine allure et que je les observe défiler avec un plaisir sincère, mais dénué de toute jalousie. J’accepte nos différences. Et je m’accepte enfin. Je suis mince, c’est un fait. Mais pas anorexique.

« …Et bouffe la vie fillette ! »

A une époque, j’ecoutais CETTE CHANSON DE SYRANO, dont sont tirées les paroles « titres », et qui me redonnait le sourire, j’y ai repensé ce soir a la redaction de cet article. Il y a bien eu une epoque ou ma chair sans relief etait due a un manque d’appetit causé par une forme de melancolie. Mais cette melancolie etait la consequence des regards critiques posés sur ma maigreur. Non, l’inverse.

Your body is a good place to be

Pourquoi le yoga te changera.


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Il y a quelques années, j’étais de celles qui rient de ces « yogi girls » un peu bobos, et limites perchées. Ce contorsionnisme original alimenté d’une philosophie de la vie bon enfant m’amusait fort, mais si l’on m’avait proposé de m’y mettre, j’aurais répondu sans hésiter : « non merci, très peu pour moi ». C’est d’ailleurs ce que j’ai fait, à plusieurs reprises. Et puis la pratique a cessé d’être marginale, et les conseils et images se sont multipliés, sur internet, dans les magasines, sur les étagères des librairies. J’ai commencé à devenir curieuse, moins moqueuse. Et puis j’ai eu ces crises d’angoisse que rien n’avait réussi à calmer. Alors je me suis lancée.

Soyons d’abord honnête – c’est le but. La yoga n’a pas mis fin à ces crises d’angoisse. La première fois que j’ai commencé à pratiquer, il a même eu tendance à en accentuer les effets. J’avais alors arrêté. En réalité, j’ai eu tort – mais je pense que je n’étais simplement pas prête. Le yoga pousse à s’écouter, à faire taire le vacarme environnant – mais aussi son propre brouhaha intérieur – pour laisser son corps s’exprimer en paix. A l’époque, je n’étais pas prête à cela, d’où l’accroissement des angoisses. Quelques mois plus tard, j’ai décidé de révolutionner ma manière de vivre – qui n’était finalement pas une vie – et de prendre le temps de me faire du bien. C’est là que le yoga a joué un rôle important.

Prendre du temps pour soi

Pour ressentir un minimum les effets du yoga, il faut une certaine régularité dans la pratique. Cette régularité implique de trouver des moments dans son emploi du temps pour s’y consacrer, des moments pour se consacrer à soi, pour se donner enfin du temps. Même s’il existe des séances d’une dizaine de minutes, cela suppose malgré tout de se poser, un petit quart d’heure, de faire une pause dans sa course après le temps. C’est une habitude que l’on a perdu. Obnubilée par l’envie de bien faire, d’atteindre des objectifs toujours plus exigeants, de faire mieux, plus vite, j’ai longtemps été aveuglée, je me suis longtemps oubliée, et mon corps a été le premier à en pâtir. C’est en cela que le yoga m’a aidée, qu’il a été mon premier déclic. Me contentant d’abord d’une dizaine de minutes une fois par semaine, je me suis rapidement prise au jeu, et je me souviens d’avoir passé plusieurs semaines à pratiquer chaque soir, pour me détendre, pour évacuer le stress qui me submergeait alors, en pleine période d’examens. Très vite, c’est devenu une évidence. Et progressivement, j’ai appris à m’accorder ces petites pauses nécessaires, chaque jour, pour le yoga, mais aussi pour d’autres petits plaisirs auxquels je ne pensais plus.

(S’)Ecouter

Parce que l’un des principes, et l’une des conséquences, du yoga, c’est l’écoute. L’écoute de son corps. Se recentrant continuellement sur sa respiration, on apprend à faire taire le monde environnant, à revenir à l’essentiel. Pour trouver notre équilibre, le bon milieu, la juste posture, nous sommes obligés de nous préoccuper de ce que l’on a eu trop souvent tendance à négliger : son corps, ses besoins, ce qui lui fait du bien. Et c’est là l’effet boule de neige. Une fois que mes pieds ont eu quittés le tapis, j’ai continué à appliquer ces principes, je suis restée à l’écoute. J’ai ainsi appris à anticiper ces moments où tout fout le camp, à me poser avant de craquer, à respirer. Je sais voir quand j’ai besoin de faire un break, parce je me sens crouler sous les obligations, et que je ne trouve plus de sens à tout cela. Avant de crier, de pleurer, ou de m’en prendre injustement à ceux qui ne m’ont rien fait, je m’isole, je respire. Je retourne parfois à mon tapis, et je me détends. Une fois cette évasion accordée, je peux reprendre mes activités plus sereinement.

Prendre du recul

En somme, le yoga permet de prendre du recul. Se retirer de l’urgence du quotidien et y retourner après quelques instants de bien être permet de poser un nouveau regard sur les choses. Ainsi ce qui nous paraissait insurmontable et terrifiant devient-il plus accessible. On apprend à faire du tri, à ne garder que l’essentiel. C’est aussi ce qui m’a conduit à cesser de consommer démesurément. Je prends le temps de me demander ce qui est réellement un besoin, ou ce qui me fera véritablement plaisir et ce qui n’est que le produit d’une opération marketing à court terme, qui me décevra d’autant plus rapidement que le désir qu’elle avait fait naître en moi était artificiel. Et, à l’inverse, on apprend à apprécier ce que l’on a, et ce que l’on vit.

Se faire du bien – mentalement et physiquement

Du coup, on cherche à multiplier les plaisirs. Et comme on s’écoute, on apprend à mieux se connaître, et à mieux connaître ce qui nous fait vraiment du bien. C’est comme ça que le yoga a modifié ma façon de me nourrir. Je prends désormais le temps de me faire à manger, matin, midi et soir, et de me cuisiner de bonnes choses. Mes petits déjeuners sont copieux, je ne saute plus les repas, aveuglée par une montagne de choses à faire. Car je sais aujourd’hui ce qui est important pour moi. Je sais aussi que mon corps et mon mental sont étroitement liés, c’est pourquoi je prends autant soin de l’un que de l’autre. Le yoga est la meilleure façon de le faire, d’ailleurs. Je fais attention à dormir suffisamment, et je cherche à toujours ponctuer ma journée d’activités positives et vivifiantes.

Accepter

Je ne suis néanmoins pas aveugle, et je ne suis pas anesthésiée. Parfois toutes ces bonnes choses ne suffisent pas à me rendre le sourire, et certaines journées sont plus exténuantes que d’autres. Certains coups sont plus difficiles à encaisser. Cependant, je prends désormais le parti de les accepter. Et je prends le temps de laisser la peine, la fatigue, la colère s’exprimer et se rendormir. Les accepter m’aide à les rendre plus inoffensives, et moins durables. J’accepte ces coups durs, j’accepte aussi de ne pas être parfaite, de ne pas toujours réagir comme je le voudrais. Enfin, j’accepte de faire désormais partie de ces « yogi girls », un peu bobo et limite perchées. 😉

Et toi, qu’est-ce que le yoga t’a apporté ?
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Yoga : 4 sites pour commencer à pratiquer

J’ai commencé à pratiquer le yoga – sérieusement – il y a un an. A l’époque je n’allais pas bien, c’est une chose que j’ai déjà évoqué ici succinctement, et j’avais besoin d’une activité qui me permette de lâcher prise, d’évacuer les idées noires pour me retrouver, derrière toutes ces sales histoires.

Comme nous étions en cours d’année, mais aussi parce que je n’avais aucune confiance en moi et que l’idée de me retrouver au milieu de ces inconnus pour pratiquer des exercices qui l’étaient tout autant me paraissait impensable, j’ai commencé avec Internet. Et je vous assure que l’on trouve d’excellentes vidéos pour commencer à pratiquer – tranquillement, à son rythme et depuis sa chambre – le yoga. J’aimerais partager avec vous ces quelques perles.

  • En toute convivialité, et à son rythme : YogaCoaching, ou la pratique du yoga avec Ariane.

C’est avec elle que j’ai vraiment commencé à pratiquer. Ariane nous accompagne, étape par étape, dans notre découverte de la pratique, et nous aide à progresser petit à petit grâce à des cours thématiques et adaptés à chaque niveau. Les deux premières leçons sont des cours très complets s’adressant aux débutants : le cours dure environ une heure, et respecte les différentes étapes de la pratique, à savoir la connexion à une bonne respiration, la pratiques des postures – asanas – et la relaxation. D’autres vidéos plus courtes s’intéressent à des postures spécifiques et de base, comme celle du « chien la tête en bas » que vous croiserez nécessairement, mais aussi à la respiration yogique, qui me pose toujours bien des problèmes, ou à la relaxation en elle-même, ainsi qu’à la méditation. En bref, il y a de quoi faire. Comme elle l’explique elle-même sur son site, Ariane pratique le yoga depuis 2007, en véritable amoureuse, et a obtenu son diplôme d’Ashtanga et Vinyasa Yoga en Inde – berceau de ces derniers – en Mars 2012. Elle propose régulièrement de l’accompagner dans ses « retraites », mais vous trouverez toutes ces informations sur son site et dans ses vidéos, que je vous recommande chaudement !

Le petit + : Ariane est très à l’écoute, et si vous avez la moindre question, la moindre difficulté, il vous suffit de commenter l’une de ses vidéos et vous obtiendrez une réponse dans les plus brefs délais ! La mienne fut obtenue le jour même.

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  • En anglais, entre amies, avec l’adorable Adriene.

Si vous n’êtes pas bilingue, je vous conseille de commencer à pratiquer le yoga sur des sites français qui vous aideront à vous familiariser avec les postures de base, les enchaînements, la respiration. Vous serez plus aptes à comprendre ce que vous expliquent les vidéos en anglais par la suite. En effet, les vidéos et les sites en anglais sont beaucoup plus nombreux s’agissant du yoga, vous y avez beaucoup plus de choix. L’un de mes coups de coeur en la matière est celui d’Adriene, ne serait-ce que pour sa bouille elle-même ! Adriene propose des enchaînements pour toutes les situations, et tous les lieux. Que vous soyez malades, en colère, en pleine digestion, que vous vous trouviez dans la rue, au bureau, il y a une vidéo pour tout ! La demoiselle est parfois vraiment drôle en plus, c’est un plaisir !

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J’apprécie ces deux cours pour leur format, qui permet vraiment de les pratiquer quotidiennement, en particulier le soir. Pendant quelques semaines l’année dernière, j’ai suivi une routine avant de dormir, tous les jours, qui commençait par ce cours-ci. Il est très accessible, et très relaxant. La voix de la femme qui nous guide est vraiment apaisante. Après ces quelques semaines de pratique, pourtant vraiment facile, j’ai gagné en souplesse à un point que je n’aurais pas soupçonné. Très bien pour commencer, ou quand on a peu de temps mais que l’on est désireux de continuer à pratiquer pour ne pas perdre ce que l’on a acquis.

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Une mine d’or. Il s’agit ici d’un site entièrement consacré au Yoga, et sur lequel sont hébergé des centaines de vidéos en streaming destinées à vous accompagner dans votre pratique. Les professeurs sont multiples, et les propositions le sont tout autant. Dans l’onglet « Yoga Classes » en haut à gauche, vous trouverez de quoi vous dégoter un cours sur mesure, propres à vos besoins du moment. Ainsi, vous pourrez sélectionner le niveau de difficulté que vous vous sentez capable de soutenir (débutant, intermédiaire, avancé), la durée du cours (de 5 minutes à plus d’une heure !), le style de yoga qui vous intéresse et, pour les plus fidèles du site, le professeur que vous recherchez. Je n’ai pas encore trouvé mon petit fétiche, je me pencherai sur la question à l’occasion… Il y a aussi des tutoriels, des exercices de méditation, et bien d’autres trésors que je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir. Si vous maîtrisez un peu l’anglais, vous y trouverez votre bonheur !

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J’espère que vous trouverez ce qu’il vous faut parmi ces centaines de vidéos. N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, et si vous avez d’autres sites à me conseiller, je suis preneuse !