Pourquoi est-il si difficile de dire je t’aime ?

Les mots buttent contre les lèvres et s’étouffent dans un soupir timide. Pourquoi m’est-il si difficile de dire je t’aime ? Je crois n’avoir jamais dit à mes parents que je les aimais, pas depuis que j’ai arrêté de leur offrir des dessins pour leurs anniversaires. J’y pense, parfois ce désir de parler m’envahit mais finit par mourir dans un silence.

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J’aime les longues promenades de ces débuts d’automnes, sous le soleil rougeoyant et les arbres se dénudant. J’aime les pièces parsemés de livres, comme autant de promesses d’évasion à la portée de mes doigts. J’aime cet auteur, Delphine de Vigan, Modiano, Beauvoir, Dostoïevski, Hugo, Laclos. J’aime quand les murs de leurs maisons sont colorés. Quand elles sont encore pleines de boîtes en carton. J’aime le bruit de mon crayon sur le papier Canson, ce sentiment de toute puissance dans l’acte de création. Le crépitement de la cheminée à la fin d’une soirée à peine arrosée, l’odeur des pages de vieux livres dénichés sur les étagères d’une librairie d’occasion. J’aime ce film, cette chanson, son regard de petit garçon. J’aime les voyages, j’aime rester à la maison.

Mais je t’aime ? Je t’aime dans un regard, je t’aime par un cadeau qui veut dire que je te connais bien, que je t’écoute, que je tiens à toi. Je t’aime d’une caresse malhabile, d’une étreinte maladroite. Mais les mots m’échappent. Il arrive des moments d’attendrissement profonds, où je les regarde avec tendresse, où l’envie me prend de leur dire de but en blanc. « Je t’aime papa », « je t’aime maman ». Ma soeur n’a jamais entendu ces mots, ces gros mots. Ils sont porteurs d’une gravité qui effraie. Quand je veux leur dire j’ai l’impression qu’ils vont se briser. Ils sonnent comme des aveux de la dernière heure. Ils me font peur.

Je les aime en silence, espérant de tout mon coeur qu’ils entendent ce que je ne dis pas, multipliant les gestes venant prouver ce qui ne s’énonce pas.

« Je t’aime maman. Je t’aime papa. »

La journée (des droits) des femmes : une fête commerciale ?

Opération « petit sac rose »  : 20% de remise sur la parfumerie chez Auchan, « Journée de la femme, 24H de shopping follement mode » pour LaRedoute, quant à lui, « Marionnaud célèbre toutes les femmes : -20% sur tout le magasin » ainsi qu’un bracelet offert, s’il vous plait. Et pour couronner le tout, une mairie parisienne organisant des « mises en beauté » pour cette heureuse fête qu’est le 8 mars ! Pardon ?

Jean-Paul Sartre et Simone De Beauvoir se bidonnent bien à la lecture de ces slogans. Quelle blague n'est-ce pas ?
Jean-Paul Sartre et Simone De Beauvoir se bidonnent bien à la lecture de ces slogans. Quelle blague n’est-ce pas ?

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J’ai lu Sagan : bonjour tristesse.

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J’avais rencontré ce court roman il y a quelques années, et il m’avait déplu. J’étais à l’époque attirée par la figure de cette femme, jeune, écrivain. Séduite par l’histoire qui lui était attachée, un reportage à son sujet avait achevé de me convaincre qu’il me fallait essayer cette lecture. J’ai commencé par Bonjour tristesse parce qu’il était le plus connu, le premier aussi. Et je m’étais arrêtée là. Laissant cette lecture inaboutie, suite à un agacement qui me l’avait fait quitter après quelques pages seulement.

Je n’avais pas aimé ces considérations bourgeoises. Les petites préoccupations d’une enfant de la haute bourgeoisie, baignant dans le luxe, adulée par son père. Cette tristesse dont elle parlait me paraissait injuste, et superficielle. J’étais profondément agacée. Passant à côté d’aspects pourtant très intéressants de ce livre que j’ai relu – et terminé – ce weekend.

Mon petit-ami me l’a offert au début du mois. C’est quelque chose que nous avons mis en place à sa demande. Chaque mois, nous nous offrons mutuellement un livre, de n’importe quel genre. Je reparlerais probablement de ce petit rituel qui apporte son lot d’agréables surprises. Pour l’instant, je me contenterai de parler de ce premier roman qui révéla François Sagan.

Un duo qui se fissure, un trio qui s’ébranle

Cécile a dix sept ans, elle vient de rater son bac, elle part en vacances dans le sud avec un père qu’elle adore et qui l’adule. Ce duo reconstitué deux ans plus tôt se veut atypique par sa désinvolture. Le père de l’adolescente est frivole. Il enchaîne les conquêtes qu’il rencontre au gré des soirées qu’il partage avec sa fille, où tous deux se plaisent à boire et à fumer, à danser jusqu’au matin avant de s’abandonner dans le sommeil le plus profond et de rire au réveil des déboires de la veille. Cécile est consciente de l’instabilité de cet homme qu’elle sait charmant, elle a vu défiler bien des jeunes femmes dans leur appartement, mais elle l’accepte, heureuse que le tout se termine toujours bien rapidement. Elle aime ce duo qu’ils forment tous les deux, original, immoral. Elle y apprend à savourer la vie, à éveiller ses sens. Consciente malgré tout d’un manque qu’elle n’est pas sûre de vouloir combler.

L’arrivée d’Anne Larsen viendra bouleverser cet équilibre instable, et de là tout s’effritera progressivement. Cette femme de l’âge de son père, intelligente, belle et sérieuse, femme respectable qui détonne fort avec les demi-mondaines qu’il a coutume de ramener chez lui, remet en question toutes les bases de leur quotidien de gentille débauche. Partagée entre son admiration certaine à l’égard de cette femme, et le refus de laisser le mépris de celle-ci salir deux années de douce complicité, Cécile nous fait partager au fil des pages le bouillonnement de ses idées contraires tout au long d’un été qui promet d’être chaotique.

Un roman initiatique ? Le désir et la peine.

Cet été dans le sud est celui de bien des découvertes. L’arrivée d’un tiers pousse la jeune fille à se regarder avec les yeux d’une étrangère. Le tableau n’est pas toujours glorieux, et la voilà tiraillée entre la satisfaction de ses plaisirs et la honte d’un quotidien superficiel et vide de sens. Pour la première fois, ce jeune personnage se laisse aller à l’introspection, elle qui nous parlait quelques pages plus tôt de son impulsivité maladive. Elle se découvre en étudiant les autres, son père, son nouvel amour, cette femme froide, « indifférente » et pourtant admirable. Remise en question douloureuse et qui la pousse dans les bras d’un garçon qui lui fut interdit.

Cyril a vingt-six ans, bien plus âgé qu’elle, il est fou amoureux. Les baisers fougueux sous un soleil de plomb laisseront bientôt place aux premières caresses sur leurs peaux à vif. Cet été-là, Cécile découvre les plaisirs de l’amour, que Françoise Sagan décrit avec beaucoup de poésie, mais sans fard, ce qui provoqua à l’époque force protestations. Pour ma part, j’ai aimé cette sincère naïveté avec laquelle elle dépeint ces premières expériences.

Ces rencontres, ces découvertes, ces bouleversements amèneront leur lot de joie, mais aussi de douleur. L’adolescente découvre les affres de l’amour, du désir, le revers d’une sensualité savourée sans retenue, et en ressors transformée. C’est bien de cette transformation, de cette « mue », dont nous fait part l’auteur ici.

La poésie du langage

J’étais passée à côté de cette dimension de l’écriture lors de ma première lecture. Agacée par le fond, je n’avais prêté que peu d’attention à la forme. Pourtant, j’ai été séduite cette fois-ci dès les premiers mots. Il n’y a rien de trop, le style correspond à ce que s’y raconte, il est simple, mais beau, agréable à découvrir.

Françoise Sagan parle des plaisirs du quotidien, et de la danse des émotions, avec une habileté sereine. J’ai aimé sa manière de nous révéler des plaisirs sensoriels que nous connaissons tous, mais auxquels nous ne prêtons guère attention. Les rayons du soleil à son orbite, baignant la chambre de sa lumière alors que nous nous extirpons difficilement d’un sommeil trop long. La fraîcheur de l’eau sur nos peaux en sueur. Le bruit des grillons. Des vagues. De la foule qui se laisse bercer par une musique estivale. C’est une manière de me faire vivre ce que j’ai oublié, en cet hiver qui s’éternise. J’ai aimé cela.

J’ai aimé l’écriture de cette auteure que j’avais mal jugé. Et je suis heureuse d’avoir eu l’occasion de lui laisser une seconde chance qui aura tout changé.

Si tu connais Françoise Sagan, quel roman aurais-tu à me conseiller pour poursuivre cette jolie lecture ?

# 29 jours de gratitude – Jour 8 – Ma technologie

J’ai malheureusement mis de côté quelques temps ce défi qui me stimule pourtant tellement : le temps m’a manqué, l’inspiration aussi, et internet surtout. Depuis mercredi dernier, je n’ai plus de téléphone, et comme c’est en grande partie sur ce tout petit écran que je me tiens informée des nouvelles de la blogosphère, j’ai du lui faire mes adieux pour les quelques temps à venir. Je n’ai toujours pas de téléphone en ce début de semaine, mais posée dans mon lit avec mon ordinateur sur les genoux, j’ai décidé de faire un retour rapide par ici, pour apporter ma voix à cette thématique qui tombe on ne peut mieux, je crois qu’on peut se le dire, puisqu’il s’agit ce jour de la technologie.

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Je ne suis pas toujours totalement reconnaissante de ce que la technologie nous apporte, en j’en déplore bien souvent les travers, notamment en ce qu’elle transforme nos relations sociales pour les rendre superficielles et éphémères. Je ne suis pas fan de la société du spectacle, ni du règne de l’image. Je ne supporte plus d’entendre des passagers s’exclamer bruyamment au milieu d’une conversation dont nous ne bénéficions que partiellement, l’autre partie restant muette derrière ce téléphone greffé à son oreille.

Malgré tout, j’ai pu trouver mon bonheur bien plus souvent que je ne le prétends à travers ces écrans lumineux. Et je me focaliserai ce jour davantage sur les bénéfices de cette technologie dont je jouis comme chacun, malgré mes grognements.

La technologie m’a donné accès à un monde que je ne soupçonnais pas. Grande timide que j’étais à une époque elle m’a fait découvrir une nouvelle forme de socialisation qui m’a permis de m’épanouir tout autrement, et d’en recueillir les bienfaits dans ma vie quotidienne. J’ai longtemps vu dans ce monde virtuel un refuge, un échappatoire à mon quotidien trop morose. C’était un moyen d’accéder à d’autres personnalités plus en phase avec la mienne, et j’ai beaucoup échangé avec des correspondants du monde entier. Parce que la technologie apporte aussi ça, cet abaissement des frontières et cette ouverture à une population mondiale aussi avide que moi de nouvelles rencontres et de jolies découvertes. Telles furent donc mes premières réjouissances.

Aujourd’hui j’ai repris contact avec ma réalité et je suis entourée d’amis plus proches de mes propres idées, ce qui rend moins nécessaire ce recours à la technologie pour des motifs de socialisation. Mais je ne pourrais toujours pas me passer de cet apport certain que je reconnais à la technologie. Je n’ai pas de télévision, parce que je ne suis pas satisfaite des propositions de programmes qui nous sont faites, et je suis ravie de pouvoir faire mes propres choix depuis mon ordinateur, d’aller piocher les informations qui m’intéressent tout en mettant de côté ce qui ne ferait que me saper le moral gratuitement. Je découvre chaque jour de nouvelles séries dont nous nous délectons chaque semaine avec l’amoureux. Je suis ravie de cet accès à une multitude d’adresses, de services, dont je ne jouirais pas aussi efficacement si je devais me contenter de mes quelques adresses parisiennes préférées. D’ailleurs, une bonne partie de ces adresses ont été découvertes grâce à l’intervention de dizaines de blogueuses, et pour ça aussi, je suis reconnaissante.

En somme, je ne suis pas pour le tout technologique, et je redoute ce décrochage permanent de la réalité. Néanmoins, je suis la première à bénéficier de ces apports et aujourd’hui je préfère dire merci pour toutes ces avancées. Je recommencerai mes sermons demain. 😉

La bonne idée : # 29 jours de gratitude

_DSC2153La vie a repris son cours, plus vite que je ne l’aurais pensé. Je me suis enfoncée dans ce mois de janvier sans trop y penser, sans trop voir venir. Les obligations se sont succédées, je les ai remplies avec minutie. Le temps a passé, a filé, et moi, j’ai cette impression désagréable de m’être à nouveau oubliée en chemin. La rancoeur s’empare de moi à nouveau, je suis colérique et injuste envers ceux qui sont restés à mes côtés malgré mes grimaces incessantes. L’année a commencé sur les chapeaux de roue, mais il est temps de faire une pause et de se retrouver un peu. C’est sur ces réflexions que je suis tombée sur la proposition d’Elodie, aka Le blog du dimanche. C’est précisément ce dont j’avais besoin, et je trouve l’idée excellente et absolument bien venue en ce début d’année un peu mouvementé.

Tout est parfaitement bien expliqué sur sa page, mais pour faire très court, et très simple, le mois de février sera celui de la gratitude. 29 jours de gratitude pour les 29 jours qui constitueront le mois cette année. 29 jours, 29 thèmes. Chaque jour, il s’agira donc de réfléchir à ce pour quoi nous sommes reconnaissant, en lien avec le sujet proposé. J’ai décidé de me lancer, et de rédiger un billet chaque jour, autant que faire se peut, pour me pousser à jouer le jeu, mais aussi parce que j’ai envie de participer à ce grand mouvement, aller lire les mots des autres, leurs sourires, et y ajouter les miens, ajouter mes remerciements à ceux des autres et colorer la blogosphère de ces ondes positives.

JOUR 1 – MA MAISON

 Eut-on pu trouver meilleure façon de commencer ce mois ?

Ma maison, ma toute petite maison de 20 mètres carré, je l’ai faite mienne il y a quelques mois de cela, en juillet de l’année passée. Alors il est aisé de me montrer reconnaissante pour la chance que j’ai eue de tomber sur cette annonce à un moment de ma vie où j’avais vraiment besoin de trouver mon chez moi, de gagner en autonomie, de conquérir mon indépendance. Cet appartement, je l’ai découvert lors de ma seconde visite. Autant dire que je n’ai pas eu à chercher bien longtemps. Même si, en amont, il y avait cinq années de recherche virtuelle, un petit entraînement donc.

Je me souviens, je travaillais alors en entreprise, comme chaque été depuis quelques années, et j’avais pris rendez-vous quelques jours plus tôt pour une visite après le travail. J’ai retrouvé l’amoureux, et comme nous étions en avance, nous avons visité un peu le quartier. J’étais sous le charme. Conquise par cette petite rue piétonne au milieu de laquelle trônait cet appartement que j’envisageais de faire mien, un appartement caché derrière les volets bleus d’une copropriété de trois étages. Conquise par cette atmosphère, ces gamins circulant dans tous les sens, courant jusqu’au parc situé à deux pas de là, conquise par ces glaciers, ces chocolatiers et ces pâtissiers à chaque pas. Conquise par ce soleil, cette lumière, et cette impression qu’ici, enfin, je pourrais renaître.

La jeune femme qui devait me faire visiter est arrivée. Nous avons grimpé les deux étages, ça sentait bon le cirage dans les escaliers, me rappelant l’odeur qui me faisait tourner la tête chaque fois que je grimpais les étages qui me séparaient de mon père. Et puis elle a poussé la porte. Qu’est-ce qui fait que, un beau jour, après plusieurs visites, des dizaines et des dizaines de jours à prospecter, sur internet, dans les agences, partout, qu’est-ce qui fait que l’on se décide, enfin, catégorique, que l’on sait ? Les pièces sont vides, nues, mortes. Il n’y a personne, il n’y a rien. Nos voix raisonnent, et l’on se déplace à tâtons. Pourtant, on se sent chez soi, déjà. Pourquoi ? Ce jour là, j’étais sûre. C’est lui, c’était celui là.

Les jours qui ont suivi, j’ai fait les démarches. J’ai couru à droite, à gauche, passé mille coups de téléphone, écrit une lettre de motivation pour appuyer mes garanties. Je suis étudiante, je ne travaillais pas encore, et nous étions une cinquantaine sur le coup. Ils n’avaient aucune raison de me choisir. Et pourtant. Pourtant je l’ai eu. Ça n’a pas été facile, ça a traîné en longueur, mais j’ai fini par signer. Les jours suivants se sont révélés tout aussi rudes. Je n’ai pas eu de vacances, je ne me suis pas reposée, j’ai repris les cours exténuée. Mais ravie. J’étais chez moi, enfin.

Je suis donc reconnaissante pour cette chance que j’ai eue. Après deux visites et un coup de foudre, j’ai eu l’appartement dont je rêvais. J’y suis aujourd’hui installée, la déco est encore en cours mais nous avons bien avancé. Même si tout n’est pas si facile quand on commence, je suis ravie de cette expérience. Les étapes par lesquelles j’ai du passer pour en arriver là, aujourd’hui, m’ont beaucoup appris. Si je regarde six mois en arrière, et que je m’observe aujourd’hui, je me rends compte à quel point j’ai changé, à quel point j’ai grandi. Je me suis retrouvée, j’ai obtenu ce que j’ai voulu, et aujourd’hui je me sens bien, même si tout n’est pas toujours rose.

Et pour tout ça, pour tous ces succès, je suis reconnaissante.

Plaisir gourmand : des moelleux au chocolat et à la pomme

Ce weekend, j’ai décidé de me bouger un petit peu, et d’être efficace, créative, et GOURMANDE. L’une des mes tâches a donc été de me mettre à la cuisine. Après une matinée passée au marché pour faire le plein de fruits et légumes (et mettre un terme à mes soirées pâtes et pizzas.. Ahem.) j’ai opté pour une recette facile, économique et délicieuse, j’ai nommé : les moelleux pomme-chocolat ! Et comme je trouve qu’il manque un peu de ce côté gourmand par ici, j’ai décidé d’en partager la recette, au cas où toi aussi, tu en aurais marre des cookies industriels.

Pour cette recette, et pour 6 personnes (comprendre 6 moelleux, rien ne t’empêche de tous les manger tranquille, toute seule) tu auras donc besoin de :

  • 1 pomme
  • 3 oeufs
  • 100 g de chocolat noir pâtissier
  • 6 cuillers à soupe de farine
  • 2 cuillers à soupe de sucre
  • 1 cuillers à soupe d’huile de colza
  • 1/2 sachet de levure

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Une fois revenue des courses, tu peux te mettre au travail.

Commence par peler ta pomme, ôte-lui ses pépins et coupe la en petits cubes (il te faudra 6 petits cubes, un pour chaque moule). Fais les cuire au micro-onde pendant 3 minutes, en veillant à placer un petit verre d’eau à côté. Personnellement, j’ai pris le parti de garder les pommes un peu croquantes, plutôt que de les réduire en compote, je les ai donc laissées moins longtemps à cuire, mais c’est à toi de voir !

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Il est temps désormais de mettre le four à préchauffer : thermostat 6 – 180°.

Pendant ce temps, fais fondre ton chocolat au bain-marie, et une fois ce chocolat bien crémeux, mets le de côté pour le laisser tiédir.

En attendant, mélange les oeufs et le sucre, ajoutes-y la farine, la levure, l’huile de colza et le chocolat fondu.

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Tu peux désormais répartir le tout dans tes petits moules, en silicone ou en papier selon ta volonté (et ce que tu as dans tes placards…). Ajoute le petit cube de pomme au centre.

Enfourne, et laisse cuire pendant 15 minutes.

Tu as alors tout le temps qu’il te faut pour racler le fond de la casserole de chocolat, pour terminer le saladier avec tes doigts, bref, pour t’en mettre jusque là. Entre deux régalades, n’oublie pas de faire la vaisselle, quand même.

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Voilà ! Une recette très simple (si j’ai pu y arriver, crois-moi, tu t’en sortiras les doigts dans le nez !) et délicieuse. La petite touche fruitée permettant de rompre avec le classique moelleux au chocolat qui n’en demeure pas moins excellent…
J’espère que la recette t’a plu. C’est la première fois que je m’essaie à ce genre d’article, j’espère avoir été à la hauteur. Si tu as aimé, n’hésite pas à me le dire et je réitérerai l’expérience au plus vite. Et si tu t’es essayé à cette recette, n’hésite pas à venir m’en donner des nouvelles !

Bon appétit !

Aparté, avant que la vie ne reprenne son cours.

Il est difficile d’aborder ce qui vient de se passer, il est difficile de poser des mots sur ce qui ne saurait provoquer d’autres réactions qu’un silence de stupéfaction. Je n’ai pas poursuivi la publication de ces articles évoquant mon voyage à Bordeaux. Je suis rentrée jeudi soir et ce séjour me parait déjà si loin. Il semble d’une autre époque.

Nous sommes dans l’après, un après qui vient de commencer, qui s’ébauche à peine. Et nous sommes nombreux à ne pas savoir quoi faire de ces heures qui s’égrainent. Je me retrouve prostrée, comme en suspens, dans l’attente d’une accalmie, d’un déclic, d’une réponse.

Je me retrouve prostrée, parce que je ne sais pas quoi faire d’autre. Toutes mes activités d’hier me semblent tellement futiles aujourd’hui, absurdes même. Je n’ose me laisser aller au divertissement, je me dis que les temps ne sont pas à l’amusement. Je n’ose pas sortir et rejoindre ces centaines de gens qui continuent de rendre hommage à ces innombrables victimes. Je n’ose pas écrire, parce que les mots me manquent, je n’ose pas publier ce qui était prévu, parce que rien ne se passe comme il était prévu, et que la vie ne peut pas continuer comme si ces évènements n’étaient qu’un contretemps. Pour le moment donc, je me contente de ces quelques lignes, pour partager avec vous cet effroi, pour expliquer mon silence ici, pendant quelques jours encore, par respect, par un sentiment d’évidence.

Je vois partout les mots se mélanger, les avis diverger, les opinions se multiplier. Chacun tente d’expliquer à sa façon ce qui vient d’arriver, mais souvent les phrases se perdent, étouffées dans un sanglot, dans un soupir. L’incompréhension règne, tout paraît si irréel. Je ne veux pas m’attarder sur ma propre interprétation des évènements. Les images se bousculent dans mon esprit, le recul n’est pas possible aujourd’hui, je ne sais pas s’il le sera un jour. Je ne veux pas ajouter ma voix à ces milliers d’autres, sur l’horreur de ce que nous découvrons encore, pas à pas.

Je veux juste partager avec vous cet effroi. Et j’espère que, bientôt, nous pourrons tous retrouver la force de sourire sans amertume, que nous ré-apprendrons à nous amuser, différemment peut-être, mais toujours avec autant de sincérité, de légèreté. Nous sommes dans l’après, mais j’espère que nous saurons faire en sorte de ne pas nous laisser accabler trop longtemps par ces atrocités.

Je pense à tous. Car nous sommes tous concernés. Je pense à vous, et je vous transmets toute ma compassion.

Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. Albert Camus, Editorial de Combat, 8 août 1945