Qu’il est difficile de grandir, même à 24 ans

Voilà presque deux ans que j’ai quitté la maison familiale, et tout ce qui l’accompagnait. La première étape d’une émancipation que je croyais facile. Et pourtant, depuis deux ans si peu de choses ont changé. Bien sûr en pratique tout a évolué, il a fallu s’adapter à une nouvelle vie qui supposait d’évoluer à distance de tout ce à quoi je m’étais accrochée pendant vingt ans. Loin de ma mère, de ma sœur, loin d’un cocon qui s’était avéré plus d’une fois bien désagréable à rejoindre. Mais d’une toute autre manière, je suis restée coincée entre deux âges, tiraillée entre une réelle volonté de devenir adulte pour mieux m’émanciper et me découvrir ainsi à travers les choix de vie que tout cela supposait, et le désir tacite de ne renoncer à rien de ce que j’avais connu jusqu’alors. Ce n’est pas que j’ai particulièrement apprécié l’ensemble de ces choses. Mais d’une certaine manière, elles font partie de moi, et je n’étais pas prête à m’en séparer. Continuer la lecture de Qu’il est difficile de grandir, même à 24 ans

J’ai testé : être famille d’accueil pour animaux (et je recommencerai)

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Qu’est-ce qu’une famille d’accueil (ou FA) pour animaux ?

Il y a plusieurs possibilités. Deux surtout, qui sont assez différentes, supposent un investissement différent, et ont des conséquences variables.

La première, proposée notamment par la SPA, suppose l’accueil définitif de l’animal par la famille. On se rapproche de l’adoption, à ceci près que la SPA se charge des frais engendrés par l’arrivée d’un petit nouveau. Tous les animaux ne sont pas concernés ; on envoie dans les familles d’accueil ceux qui n’ont eu aucun succès à l’adoption et sont au refuge depuis trop longtemps, mais aussi ceux qui présentent un certain handicap ou une pathologie significative. La famille est chargée de prendre soin de l’animal qui échappe ainsi au refuge, mais celui-ci demeure la propriété de la SPA qui prend alors en charge les frais vétérinaires et les frais de nourriture.
C’est un bon compromis pour les familles désireuses d’accueillir une petite bête à la maison mais qui n’ont pas le budget nécessaire à ses soins. C’est aussi un beau geste à l’égard de l’animal qui sans cela aurait peu de chance de quitter sa cage. Il faut cependant être conscient des conséquences de cette décision. L’animal est généralement mal en point : handicap, maladie ou vieillesse, les perspectives d’avenir sont réduites et parfois difficiles et il est important d’y réfléchir avant de franchir le pas.

La seconde possibilité, que j’ai moi-même testée, est moins contraignante, mais tout aussi utile ! Elle est généralement proposée par des associations venant au secours des animaux et disposant de trop peu de places (voire aucune, toutes n’ayant pas de refuge à leur disposition) pour soigner leurs pensionnaires. Elles font alors appel à des familles bénévoles qui accueillent ces animaux quelques temps, en prennent soin jusqu’à ce qu’une famille se présente, prête à adopter ces boules de poils de manière définitive. En termes de frais, les possibilités varient d’une association à l’autre. Certaines demandent aux familles de prendre en charge la totalité des frais engendrés, d’autres prennent en charge les frais vétérinaires, d’autres encore en payent la totalité. Généralement, ces conditions sont précisées sur leurs sites, sinon, il ne faut surtout pas hésiter à demander. Les conséquences de ce type d’accueil sont naturellement différentes du cas de figure précédent, et je m’attarderai aujourd’hui davantage sur celles-ci. Continuer la lecture de J’ai testé : être famille d’accueil pour animaux (et je recommencerai)

Frida Kahlo racontée par Pierre Clavillier : une personnalité survolée.

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L’ouvrage est fidèle au genre dont il se réclame. Une biographie, rien de plus, rien de moins. L’auteur ne s’embarrasse pas de considérations psychologiques, il ne donne pas corps au personnage qu’il nous dévoile, et ce livre m’a donné l’impression quelque peu frustrante d’une énumération d’événements sans matière, visant à nous faire découvrir le vécu d’une artiste internationalement (re)connue de la manière la plus épurée possible.

C’est une introduction factuelle à la vie de Frida Kahlo pour ceux qui la connaîtraient peu – ce qui était mon cas avant cette lecture – mais qui ne permet pas un réel « attachement ». Après cette lecture, le sentiment d’en savoir toujours si peu concernant l’artiste, demeure. Son parcours est éclairé par ce travail assez approfondi de l’auteur, mais sa personnalité n’est que survolée et c’est un point que je regrette.

 L’écriture est simple, dépouillée de toute stylisation superflue. L’objet du livre est Frida Kahlo, le parcours de Frida Kahlo, et rien ne vient entraver l’objectif poursuivi par l’auteur de la faire découvrir au lecteur encore ignorant.

C’est donc une approche utile de l’artiste, mais qui sera vite oubliée. J’ai découvert Frida Kahlo dans ses grandes lignes, j’aimerais désormais l’approcher autrement, plus profondément, découvrir sa psychologie, ses discours, ses relations. Sa conception de l’art, de la vie, de la politique. Aller au delà des faits, m’attarder sur le reste, assez négligé par Pierre Clavillier.

Si tu as des livres à me recommander sur ce sujet, n’hésite pas, partage les !

Nina, des tomates et des bombes au théâtre Essaïon : parce qu’il vaut mieux en rire !

Jeudi 10 novembre dernier, Nina prenait à nouveau la parole à Paris, cette fois-ci au théâtre Essaion, non loin du Centre Georges Pompidou, dans une ruelle sombre et toute étroite, dans une petite salle sous des voutes de pierres, dans l’obscurité et le silence d’une nuit d’hiver parisienne.

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Nina, unique personnage de cette pièce à mille voix – car c’est dans sa tête que tout se déroule. Chaque soir, elle nous invite à rejoindre le spectacle qui se joue en elle, et le résultat est plus que séduisant, joliment réussi !

Elle passe au crible notre actualité, politique, économique, écologique… Le tout étant étroitement lié, bien sûr. Elle porte un regard faussement naïf sur notre société globalisée, mondialisée, s’attaque à ses dérives à coup de sourires innocents, de rires et de chansons. Car Marie-Claire Neveu chante aussi bien qu’elle joue, et d’une manière comme de l’autre, elle transporte les spectateurs qu’elle interpèle régulièrement.

Je te recommande cette pièce pour bien des raisons. La première d’entre elles, c’est que le spectacle témoigne d’un talent certain de la comédienne et des deux auteurs de cette pièce, Marie-Claire Neveu et Nicolas Bazin. Il faut en effet un certain talent pour parvenir à faire rire en traitant de sujets si sérieux, et souvent polémiques ; pour utiliser la poésie comme une arme – non, comme un porte-parole, sans tomber dans les clichés.

La mise en scène est minimaliste, et c’est tant mieux, tu n’as besoin de rien d’autre que le regard que Nina pose sur ton monde, ce regard qu’elle partage avec toi le temps d’une soirée.

« Nina a des yeux et elle les ouvre, énormes, sur le monde » nous explique-t-on pour présenter la pièce. Nina ouvre les yeux des spectateurs surtout, s’ils en avaient besoin, et c’est en ça que le spectacle est un réel succès. La prochaine étape, c’est de partager. La colère, l’envie d’autre chose, la volonté d’un mieux ; partageons-le.

Va voir cette pièce, tu ne seras pas déçu. En plus, sur Billet Réduc‘, il y a une offre découverte à 10 euros : ça vaut le coup, non ?

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Nina, des tomates et des bombes
Du 17 novembre 2017 au 21 janvier 2017
Théâtre Essaion – 6 rue Pierre au Lard, 75004 Paris

« La Bouitte », hôtel-restaurant de luxe : une belle histoire de famille

Le thème que j’aborde aujourd’hui diffère quelque peu des précédents, en ce qu’il s’agit d’un lieu que je n’ai encore jamais visité, et que je ne visiterai probablement pas de si tôt. Des recherches dans le cadre de mon travail actuel m’ont conduite à cette jolie découverte que j’aimerais te faire partager, d’abord car le lieu est superbe, mais surtout parce que cette histoire d’entreprise familiale couronnée de succès me plait beaucoup. Je te présente donc : La Bouitte !

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Une histoire de famille qui finit bien

Cette histoire dont j’aimerais te parler est celle de René et Marie-Louise Meilleur. En 1976, le couple achète ce qui n’est alors qu’un champ de pommes-de-terre. Au milieu des montagnes, ils dressent ce qui deviendra bientôt « La Bouitte », autrement dit, « Petite Maison », en patois savoyard. Petite peut-être, mais pas pour très longtemps.

La Bouitte est alors un restaurant fort sympathique qui accueille les voyageurs venus skier ou découvrir le pays quelques temps. René Meilleur est aux fourneaux, et propose une cuisine traditionnelle qui contente bien les visiteurs, à base de raclette et de fondue savoyarde, bien évidemment. Mais dès les années 80, la cuisine se fait déjà « plus élaborée et créative », se rapprochant de la gastronomie qui fera de La Bouitte un restaurant étoilé dès 2003. En 2015, elle reçoit sa troisième étoile, et cette année, l’établissement fête déjà ses 40 ans.

Aux côtés de Marie-Louise et René Meilleur se sont également installés leurs enfants. Maxime Meilleur, ancien athlète, a rejoint son père en cuisine et tous deux élaborent au jour le jour de nouvelles recettes à quatre mains. La grande soeur, Sophie, s’est quant à elle occupée de la création des 16 chambres et suites de charmes qui ont agrandi la demeure. Ajoute à ce sympathique portrait de famille les conjoints respectifs desdits enfants et tu comprendras pourquoi je parle de ce restaurant comme d’une bien belle aventure familiale.

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Un cadre de rêve

Il faut dire que la Bouitte a tout pour garantir son succès. Perchée au milieu des montagnes alpines, entre plusieurs stations de ski, elle a de quoi séduire les visiteurs qui s’y égareraient. Ses bâtisseurs se sont montrés soucieux d’assurer à la demeure le charme des chalets de montagne, et ils ont su allier l’attrait pittoresque d’un refuge simple et chaleureux, et le confort d’un hôtel de luxe.

En effet, derrière cette façade de pierres et de bois, se cache un restaurant étoilé mais aussi un hôtel de luxe ayant ouvert ses portes plus récemment. Les chambres sont dites « de charme » et en effet, quoi de plus charmant que ces pièces décorées à la façon d’antan, parsemées de plaids et de coussins moelleux, autour du foyer d’une cheminée qui trône au milieu de l’espace. Mais derrière ses airs de maison de campagne, la chambre offre tout le confort nécessaire : salle de bain dernier cri, télévision, wifi gratuit…

Enfin, pour se reposer de ces longues journées de vadrouille, un spa de montagne, « La Bèla Vya » a été installé récemment. (Et j’irais bien y passer le reste de l’année, personnellement…)

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Un programme culinaire prometteur

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Pour en revenir au restaurant, c’est toujours René Meilleur qui tient les commandes, accompagné depuis plusieurs années de son fils Maxime.

 Aucun d’eux n’ayant suivi de formation particulière, c’est en autodidactes qu’ils concoctent les mets qui font le bonheur des visiteurs, et leur valurent l’obtention d’une dernière étoile l’an dernier.

Leur objectif ? Trouver l’équilibre parfait « entre tradition et modernité, simplicité et élégance, précision et prise de risque », cela dans une interprétation séduisante des meilleurs produits du terroir. Une cuisine à l’image de tout le reste, en somme.

Pour conclure…

Cet article ressemble plus à une publicité qu’à une après-midi découverte, diras-tu peut-être. Ma méconnaissance du lieu ne permettait pas la critique, et je n’irai pas demain faire la découverte d’un domaine étoilé. L’idée n’était pas de faire connaître l’endroit, mais son histoire. J’ai été séduite par cette entreprise familiale, qui a su évoluer à son rythme et séduire ainsi progressivement chacun de ceux qui passaient la porte de leur établissement.

Les photos ne sont pas de moi, mais je n’en ai pas retrouvé les auteurs. Si vous avez votre idée, n’hésitez pas à vous manifester !

Pourquoi est-il si difficile de dire je t’aime ?

Les mots buttent contre les lèvres et s’étouffent dans un soupir timide. Pourquoi m’est-il si difficile de dire je t’aime ? Je crois n’avoir jamais dit à mes parents que je les aimais, pas depuis que j’ai arrêté de leur offrir des dessins pour leurs anniversaires. J’y pense, parfois ce désir de parler m’envahit mais finit par mourir dans un silence.

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J’aime les longues promenades de ces débuts d’automnes, sous le soleil rougeoyant et les arbres se dénudant. J’aime les pièces parsemés de livres, comme autant de promesses d’évasion à la portée de mes doigts. J’aime cet auteur, Delphine de Vigan, Modiano, Beauvoir, Dostoïevski, Hugo, Laclos. J’aime quand les murs de leurs maisons sont colorés. Quand elles sont encore pleines de boîtes en carton. J’aime le bruit de mon crayon sur le papier Canson, ce sentiment de toute puissance dans l’acte de création. Le crépitement de la cheminée à la fin d’une soirée à peine arrosée, l’odeur des pages de vieux livres dénichés sur les étagères d’une librairie d’occasion. J’aime ce film, cette chanson, son regard de petit garçon. J’aime les voyages, j’aime rester à la maison.

Mais je t’aime ? Je t’aime dans un regard, je t’aime par un cadeau qui veut dire que je te connais bien, que je t’écoute, que je tiens à toi. Je t’aime d’une caresse malhabile, d’une étreinte maladroite. Mais les mots m’échappent. Il arrive des moments d’attendrissement profonds, où je les regarde avec tendresse, où l’envie me prend de leur dire de but en blanc. « Je t’aime papa », « je t’aime maman ». Ma soeur n’a jamais entendu ces mots, ces gros mots. Ils sont porteurs d’une gravité qui effraie. Quand je veux leur dire j’ai l’impression qu’ils vont se briser. Ils sonnent comme des aveux de la dernière heure. Ils me font peur.

Je les aime en silence, espérant de tout mon coeur qu’ils entendent ce que je ne dis pas, multipliant les gestes venant prouver ce qui ne s’énonce pas.

« Je t’aime maman. Je t’aime papa. »

La journée (des droits) des femmes : une fête commerciale ?

Opération « petit sac rose »  : 20% de remise sur la parfumerie chez Auchan, « Journée de la femme, 24H de shopping follement mode » pour LaRedoute, quant à lui, « Marionnaud célèbre toutes les femmes : -20% sur tout le magasin » ainsi qu’un bracelet offert, s’il vous plait. Et pour couronner le tout, une mairie parisienne organisant des « mises en beauté » pour cette heureuse fête qu’est le 8 mars ! Pardon ?

Jean-Paul Sartre et Simone De Beauvoir se bidonnent bien à la lecture de ces slogans. Quelle blague n'est-ce pas ?
Jean-Paul Sartre et Simone De Beauvoir se bidonnent bien à la lecture de ces slogans. Quelle blague n’est-ce pas ?

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