# 29 jours de gratitude – Jour 17 – Ma créativité

J’ai perdu mon assiduité. Les jours passent, je ne les vois pas défiler, je dois éteindre la lumière qu’il me reste encore un millier de chose à faire. Je cours après le temps, mais pour la thématique de ce jour, je voulais me poser un instant, car c’est là un aspect de ma vie important.

Créativité-dessin-art

Je ne suis pas à proprement parler une artiste. Je me bride moi-même et je manque d’inspiration, souvent. D’imagination. Néanmoins, j’aime ressortir mon matériel de dessin lorsque j’en ressens à nouveau le besoin, vestiges d’un temps où j’espérais rejoindre une école d’art pour laquelle je n’ai jamais postulé. Peur de l’échec, peur de la réalité. Peur d’entendre une vérité qui m’aurais privée de cet atout dont j’étais si fière. Le dessin, la photo, la peinture. L’art. Avec l’écriture, ils sont mes seuls motifs de fierté, et ils m’ont apportés beaucoup au cours de ma timide et bafouillante jeunesse.

Je vous ai déjà parlé de ma timidité durant l’adolescence, cette volonté de m’effacer, l’impression de n’avoir rien à dire. Ce n’est pas tout à fait vrai. Je voulais être considérée par les autres, j’avais besoin d’exister, mais mon manque de confiance en moi m’empêchait de faire le premier pas, et de parler haut et fort, d’aller vers les autres et de me laisser vivre. Le dessin me permettait de contrer cette difficulté. Grâce à lui, je pouvais rester à ma place, les autres venaient à moi. Mes carnets de croquis avaient ce pouvoir d’attirer foule pendant les récréations. Et ce sentiment de profonde fierté m’a aidée, petit à petit, à me faire une place. Une chose en entraînant une autre, j’ai pris conscience de mes capacités, j’ai gagné en confiance, j’ai combattu cette angoisse de la vie sociale. Et chaque fois que je me retrouvais dans un nouvel endroit, au milieu d’une foule d’inconnus, je ressortais mes crayons. Ils parlaient pour moi.

C’est pour cette raison que je suis aujourd’hui si reconnaissante. J’ai eu ce talent, que j’ai un peu perdu parce que j’en avais moins besoin, mais qui me revient progressivement à mesure que j’y travaille. Ce talent qui m’a permis de m’exprimer différemment, de me raconter des histoires, et de communiquer avec le monde alentours sans avoir à me battre avec des mots qui ne venaient pas.

Aujourd’hui les mots sont revenus, mais je reste fidèle à mon premier allié.

Merci.

# 29 jours de gratitude – Jour 15 – Ce voyage

Je ne suis plus aussi régulière qu’au début du mois. Je n’ai pas posté du week-end à ce sujet car je suis allée me ressourcer à la campagne, et qu’il n’y avait pas de connexion là bas, ce qui n’était pas plus mal. Mais je reprends le défi en cours, m’exprimant ce jour sur « ce » voyage.

CE VOYAGE

Je n’ai pas énormément voyagé dans ma vie. Contrairement à mon petit ami notamment qui a eu le temps de faire le tour de l’Europe plusieurs fois, je me suis cantonnée à certaines destinations ponctuelles et occasionnelles. Je garde un bon souvenir de tous ces voyages, je n’en préfère aucun, je ne pourrais pas choisir. J’ai aimé me promener en France, et je repense avec une certaine nostalgie à tous ces étés passés dans le sud avec mon père qui nous dégotait toujours une maison à la dernière minute, pour y passer la semaine, et découvrir la région. Le voyage dont j’ai le meilleur souvenir est peut-être celui que nous avons passé ensemble en Crète, les circonstances faisant que nous en sommes rentrés remontés à bloc, mais débordant d’une nostalgie qui ne nous quitterait plus et qui nous submergerait toujours, ensuite, à l’évocation de ce court séjour mémorable.

Néanmoins, je suis reconnaissante pour un voyage qui m’emmena beaucoup moins loin, et qui me fit simplement franchir la frontière Nord de mon cher pays. L’automne 2014, je suis allée à Gand avec mon petit-ami et sa famille, et j’ai retrouvé ce goût du voyage qui m’avait quitté depuis quelques temps.

Je me suis rappelée qu’il n’était pas si compliqué de voir le monde, et que quelques jours passés loin de la maison pouvaient suffire à remettre tous mes compteurs à zéro. J’ai constaté que des destinations moins touristiques pouvaient réserver d’immenses surprises, et qu’un après-midi sous la pluie pouvait avoir son charme. Je vous parlais de tout cela dans mes articles consacrés à ce séjour en Belgique, à Bruges ou à Gand,

Ce voyage fut le déclic dont j’avais besoin pour reprendre là où je l’avais laissé mon côté aventurier. On ne peut pas dire que depuis j’ai passé le temps qui me restait à arpenter le continent sac au dos, mais l’envie est revenue, et de courts séjours se son succédés ça et là.

J’aimerais mettre un peu d’argent de côté pour me réserver des week-end occasionnels, et voir un peu du pays. J’en parle de plus en plus, et quand je me tais, j’y pense d’autant plus fort.

D’ailleurs, si vous avez des bons plans, de bonnes adresses, ou des astuces pour voyager pas cher, je suis preneuse ! Je prends tous les conseils.

# 29 jours de gratitude – Jour 12 – Ma routine

MA ROUTINE

Le thème du jour est paradoxal au premier abord. Surtout pour moi qui ai toujours craché sur la routine, désireuse de la chasser à grands gestes. La routine ? Une forme de mort cérébrale. Suivre le cours de sa vie de façon mécanique, et lui ôter toute sa saveur. C’était l’adolescente qui s’exprimait, qui avait soif d’aventure, de voyages, de changement. La routine, c’était bon pour mes parents. Moi, je ne voulais pas tenir en place.

Pourtant il y a du bon dans cette routine. Si on prend suffisamment de recul, et qu’on fait la part des choses, la routine peut-être aussi se voir comme le résultat d’une certaine satisfaction dans notre quotidien, le fruit d’une construction progressive et personnelle d’un rituel solitaire ou commun.

C’est en ce sens, je pense, que je peux être reconnaissante. J’ai en effet aujourd’hui accepté une certaine routine que j’ai moi même instaurée une fois le nid familial abandonné. Moi, et l’amoureux, avec qui je partage ce quotidien marqué par différents repères.

Je suis heureuse de retrouver mon chez-moi presque tous les soirs, mais je me réjouis également lorsque je retourne, une fois par semaine, auprès de ma maman. J’apprécie nos séances de cinéma du lundi avec monsieur. Et les grasses matinées du samedi. Ces passages au marché une fois par mois pour faire le plein de vitamines. Je suis fière, aussi, d’avoir intercalé dans ce quotidien mes quinze minutes de sport, elles me font du bien physiquement, mais surtout mentalement. Une bouffée d’oxygène dont je commence à ressentir les bienfaits. Depuis quelques temps aussi, je bénis ces moments passés dans les transports, parce qu’ils sont pour moi l’occasion de me poser enfin, sans autres choses à faire que de lire ce fabuleux bouquin. Il y aurait encore bien des choses à dire, mais j’en resterai là pour aujourd’hui, l’essentiel ayant été dit.

Je serais curieuse de savoir comment tu considères la routine, toi. A bannir ou à chérir ? Quel est ton rapport à ces répétitions du quotidien ?

 

# 29 jours de gratitude – Jour 10 – La nature

La nature

J’ai du mal à imaginer qu’on puisse ne pas être reconnaissant envers la nature à qui l’on doit finalement tout, et dont nous faisons partie, même si nos modes de vie font que bien trop souvent, on l’oublie. Je crois d’ailleurs que lorsqu’on y réfléchit, nous sommes tous reconnaissants, le problème étant simplement qu’on y réfléchit trop peu, ou mal. Ainsi ne rendons-nous pas suffisamment à cette nature tout ce qu’elle nous donne.

Je suis heureuse qu’il y ait encore des endroits sauvés de l’urbanisation, des endroits où je peux aller me recueillir dans un silence religieux, et déconnecter enfin de cette foule de gens, de bruits et d’obligations. Je vous parlais il y a quelques temps du Lac de Bethmale qui fait précisément partie de ces endroits où j’aime à me retrouver, une ou deux fois dans l’année. Il ne s’agit pas de faire le point, de réfléchir, non, il s’agit simplement de laisser aller. Respirer profondément sans crainte de se noircir davantage nos poumons tuméfiés, et se remplir l’esprit d’images pures et tranquilles, avant ce grand retour au vacarme parisien.

J’aime Paris. J’aime vivre dans cette capitale nourrie de culture et de secrets, d’histoire et d’architecture, de cafés et de gens venus du monde entier. J’aime ma ville mais le quotidien a fini par ma la rendre hostile. Je pense de plus en plus à la quitter pour une place plus calme, et plus naturelle. Je ne sais pas si j’aurais le courage d’habiter à la campagne, mais une ville à taille humaine, et proche d’espaces verts véritables.

Je suis heureuse par conséquent d’avoir la chance de bénéficier d’une maison de campagne familiale, où je peux aller passer quelques jours lorsque j’arrive à saturation. Et j’aimerais rendre à la nature tout ce qu’elle me donne. Je m’y attelle plus ou moins bien depuis quelques temps, et je vais essayer de faire davantage d’efforts. Parce que c’est une évidence.

# 29 jours de gratitude – Jour 9 – Mes lectures

Peut-être le plus facile des thèmes proposés pour ces 29 jours de gratitude, puisqu’il concerne l’une de mes plus vives préoccupations du moment, et que vous aurez probablement pu constater par vous-même mon regain d’intérêt pour ce vaste monde littéraire depuis quelques temps…

MES LECTURES

Je crois que ma reconnaissance la plus vive ne peut être adressée à autre chose qu’à ce milieu de la littérature, à ces livres qui peuplent mes étagères et celles de toutes ces bibliothèques auxquelles je ne cesse de m’inscrire, et où je retourne chaque mois, chaque semaine parfois, m’isoler pour une durée indéterminée au milieu de toutes ces pages plus ou moins poussiéreuses, abritant un ensemble de destins se croisant tous au carrefour de mes mains avides de nouvelles découvertes.

Les livres ont été pendant longtemps mon unique refuge, et je me suis très tôt passionnée, pour l’objet lui-même d’abord, et pour l’univers qu’il abritait ensuite. Apprendre à lire a été mon plus heureux soulagement, et l’ouverture à cette voie infinie, peuplée de romans en tous genres, de biographies, de poèmes et pièces de théâtres, de témoignages parfois, souvent. Je me souviens de mon enfance comme d’une succession de bouquins, péniblement délaissés au moment de passer à table ou d’aller me coucher. Me coucher d’ailleurs, parfois, s’avérait inconcevable, et dès que j’en ai eu l’âge, j’ai parfois veillé jusqu’au milieu de la nuit pour achever un livre qui me captivait tant qu’il était pour moi impossible de m’en détacher avant d’en avoir vu le bout. Et quelle déception, une fois la dernière page, la dernière ligne lue, quand il ne nous reste plus rien que toutes ces images et paroles s’entrechoquant dans nos mémoires à vif.

J’ai trouvé dans ce monde des lettres, dans la lecture mais aussi dans l’écriture, une réponse à mes tourments, qu’ils aient été passagers ou non. Les philosophes étaient des professeurs à ma disposition, ces écrivains de toutes époques et aux styles extrêmement variés, des milliers d’amis me racontant leurs histoires. Je suis restée suspendue à leur plume des centaines de fois. Et après un passage à vide qui m’a fendu le coeur pendant plusieurs années, c’est avec un plaisir non feint que je me délecte à nouveau de cet amour délicieux pour eux. Je ne sors plus sans un bouquin calé au fond de mon sac, et plutôt que de m’effondrer sur les sièges des métros, les écouteurs enfoncés dans mes oreilles et l’air morose, je me plais à sortir à tout moment ce petit trésor sans arrêt renouvelé, pour en savourer le récit en me laissant bercer par un train trop rapide.

# 29 jours de gratitude – Jour 8 – Ma technologie

J’ai malheureusement mis de côté quelques temps ce défi qui me stimule pourtant tellement : le temps m’a manqué, l’inspiration aussi, et internet surtout. Depuis mercredi dernier, je n’ai plus de téléphone, et comme c’est en grande partie sur ce tout petit écran que je me tiens informée des nouvelles de la blogosphère, j’ai du lui faire mes adieux pour les quelques temps à venir. Je n’ai toujours pas de téléphone en ce début de semaine, mais posée dans mon lit avec mon ordinateur sur les genoux, j’ai décidé de faire un retour rapide par ici, pour apporter ma voix à cette thématique qui tombe on ne peut mieux, je crois qu’on peut se le dire, puisqu’il s’agit ce jour de la technologie.

Technologie-photo-mac

Je ne suis pas toujours totalement reconnaissante de ce que la technologie nous apporte, en j’en déplore bien souvent les travers, notamment en ce qu’elle transforme nos relations sociales pour les rendre superficielles et éphémères. Je ne suis pas fan de la société du spectacle, ni du règne de l’image. Je ne supporte plus d’entendre des passagers s’exclamer bruyamment au milieu d’une conversation dont nous ne bénéficions que partiellement, l’autre partie restant muette derrière ce téléphone greffé à son oreille.

Malgré tout, j’ai pu trouver mon bonheur bien plus souvent que je ne le prétends à travers ces écrans lumineux. Et je me focaliserai ce jour davantage sur les bénéfices de cette technologie dont je jouis comme chacun, malgré mes grognements.

La technologie m’a donné accès à un monde que je ne soupçonnais pas. Grande timide que j’étais à une époque elle m’a fait découvrir une nouvelle forme de socialisation qui m’a permis de m’épanouir tout autrement, et d’en recueillir les bienfaits dans ma vie quotidienne. J’ai longtemps vu dans ce monde virtuel un refuge, un échappatoire à mon quotidien trop morose. C’était un moyen d’accéder à d’autres personnalités plus en phase avec la mienne, et j’ai beaucoup échangé avec des correspondants du monde entier. Parce que la technologie apporte aussi ça, cet abaissement des frontières et cette ouverture à une population mondiale aussi avide que moi de nouvelles rencontres et de jolies découvertes. Telles furent donc mes premières réjouissances.

Aujourd’hui j’ai repris contact avec ma réalité et je suis entourée d’amis plus proches de mes propres idées, ce qui rend moins nécessaire ce recours à la technologie pour des motifs de socialisation. Mais je ne pourrais toujours pas me passer de cet apport certain que je reconnais à la technologie. Je n’ai pas de télévision, parce que je ne suis pas satisfaite des propositions de programmes qui nous sont faites, et je suis ravie de pouvoir faire mes propres choix depuis mon ordinateur, d’aller piocher les informations qui m’intéressent tout en mettant de côté ce qui ne ferait que me saper le moral gratuitement. Je découvre chaque jour de nouvelles séries dont nous nous délectons chaque semaine avec l’amoureux. Je suis ravie de cet accès à une multitude d’adresses, de services, dont je ne jouirais pas aussi efficacement si je devais me contenter de mes quelques adresses parisiennes préférées. D’ailleurs, une bonne partie de ces adresses ont été découvertes grâce à l’intervention de dizaines de blogueuses, et pour ça aussi, je suis reconnaissante.

En somme, je ne suis pas pour le tout technologique, et je redoute ce décrochage permanent de la réalité. Néanmoins, je suis la première à bénéficier de ces apports et aujourd’hui je préfère dire merci pour toutes ces avancées. Je recommencerai mes sermons demain. 😉

# 29 jours de gratitude – Jour 4 – Mes amitiés


Je me prends au jeu. J’aime venir réfléchir chaque jour à un nouveau sujet, me poser un instant dans la journée et faire ce petit travail sur moi-même, qui consiste à rejeter toute pensée négative – qui sont souvent les premières à m’envahir – pour aller tirer ce qu’il y a de positif, ailleurs. C’est un léger investissement temporel que je trouve véritablement bénéfique, et je prends de plus en plus plaisir à venir pianoter sur mon clavier pour partager avec toi, avec vous, mes pensées. J’aime ensuite aller vous lire, tous, voir de quelle manière vous avez abordé le thème du jour, ce que vous en avez perçu, et comment vous en faites le récit.
Je remercie encore une fois Elodie (Le blog du dimanche), pour ce challenge, qui prend chaque jour un peu plus d’ampleur, me semble-t-il, à juste raison.

Exceptionnellement, la photo n'est pas de moi, je l'ai fourbement empruntée ici.
Exceptionnellement, la photo n’est pas de moi, je l’ai fourbement empruntée ici.

J’ai peu d’amis. Je connais un certain nombre de gens, mais ces connaissances, aussi régulières soient-elles, n’ont jamais été synonymes pour moi d’amitié. Par ailleurs, je suis quelqu’un d’assez solitaire. C’est un trait de mon caractère que j’ai mis beaucoup de temps à accepter, et à assumer. A cet âge où l’on calcule sa valeur personnelle au nombre de contacts qui jalonnent ton répertoires, puis à la quantité d’amis facebook qui viennent fidèlement liker tes posts quotidiens, je vivais mal ce choix inconscient de la solitude, et de mon tout petit cercle d’amis.

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été comme ça. Très vite lassée par la vacuité des échanges qui se tissent au milieu d’un groupe trop important, je leur préférais de loin la proximité d’une amie unique. Passant des jours et des jours à m’enfermer dans cette amitié exclusive, à créer quelque chose qui me touchait par sa sincérité, par sa puissance. J’ai aimé créer ces relations, gagner la confiance de nouvelles personnes rencontrées par hasard, apprendre à les connaître, et les laisser apporter quelque chose de plus à ma vie, par leur vécu, leurs récits, leur sourire, leur audace parfois. Certaines amitiés m’ont permis de sortir des sentiers battus, et de « quitter ma zone de confort » comme on dit aujourd’hui, pour aller me découvrir différente, ailleurs.

Je suis solitaire mais j’ai besoin de ces amitiés fidèles. C’est à travers elles que je me construis, que je me découvre. C’est aussi grâce à elles que, bien souvent, je ne me suis pas laissée glisser jusqu’au fond de ce gouffre dans lequel je m’étais laissée trébucher. Ces personnes, peu nombreuses, ont eu la gentillesse de rester présentes à tout moment. D’écouter des discours qui étaient parfois à la limite de l’indécence, tant j’avais besoin à cette époque de me faire bousculer. Ils sont restés. Ils ont oubliés mes phrases assassines, et mes absences, mes silences. Ils ont supportés mes angoisses, ont essayé de les comprendre, de les apaiser.

Je n’ai pas toujours été à la hauteur de ces amitiés. J’ai souvent disparu, n’écoutant alors que ce besoin que j’avais de me retrouver seule, de m’éloigner de toute forme d’influence pour n’exister que par moi-même, sous mon unique regard, « me retrouver » disais-je, bien que je m’y sois souvent perdue. Et pourtant ils ont pardonné, m’ont laissée revenir, et ont accepté.

Pour leur patience, leur présence, leur soutien, je suis reconnaissante. Et je suis fière aujourd’hui d’affirmer que je n’ai qu’une petite poignée d’amis, mais que je ne les laisserais m’échapper pour rien au monde, tant je les aime, et tant ils continuent de m’apporter chaque jour.

# 29 jours de gratitude – Mon travail d’apprentie chercheuse en histoire des femmes

Je suis étudiante en histoire. En histoire des femmes, plus précisément, et c’est d’ailleurs ce qui fait toute la différence. Les femmes que j’étudie. C’est leur mystère qui m’attire, et l’identification que je ne manque pas d’accomplir, très certainement. C’est là mon vrai travail, celui qui occupe une bonne partie de mon temps. Je jongle donc entre ces après-midi passées aux archives, m’adaptant à leurs horaires autant que faire se peut (les locaux fermant à 16h30, il m’est difficile d’être toujours très efficace), entre les passages à la bibliothèque, et le travail faramineux qu’il me reste une fois rentrée à la maison.

Mais j’aime ça. J’aime quitter la bibliothèque de l’université les bras plein de bouquins, et, toujours insatisfaite, aller me réfugier à la médiathèque qui se trouve à deux pas de chez moi, et compléter le tas. Une pile de livres haute comme moi, la plupart que je ne lirai pas, ou peu, mais certains recelant de trésors, de mines d’or. Et de cotes. Ah, les cotes ! Cette petite suite de lettres et de chiffres qui me conduisent tout droit aux archives, où je m’enferme parfois des après-midi durant à la recherche d’un infime bout de papier. J’aime ces moments là, aussi. J’aime voir arriver le dossier commandé, poussiéreux, soigneusement fermé. Aller m’installer à ma table de travail, ouvrir le carton, et découvrir cette liasse de feuilles jaunies, rongées, garnies de mille et un secrets. J’ai la chance d’étudier un personnage en particulier. Une femme du 18e siècle. J’ai la chance, surtout, de travailler sur sa correspondance. Imaginez le délice de cette rencontre entre mon époque et la sienne. Je lis ses mots, dévore ses lettres, découvre son histoire. Au contact du papier, j’essaie de deviner ses mains, l’encre qu’elle a fait couler dessus, les pensées qu’elle y a abandonné, quelques siècles plus tôt. Je suis fascinée par cette possibilité qui s’offre à moi de défier les lois du temps, de remonter les années, de traverser les siècles.

J’aime le travail qui m’est demandé. Cette possibilité d’aller toujours un peu plus loin, de me dépasser. Aller chercher ce petit détail qui fera toute la différence, permettra de remettre en ordre toute cette pagaille et de résoudre enfin l’énigme. Je suis ravie de pouvoir continuer d’alimenter mon esprit, d’avoir eu la possibilité de choisir un sujet qui, depuis très longtemps déjà, me plait. Et heureuse de l’avoir fait pour une période qui, cependant, m’était alors absolument inconnue. J’aime apprendre, c’est le plus solide des enrichissements, et c’est un des plus beaux cadeaux que je puisse m’accorder, je crois.

Peut-être vous parlerais-je un jour plus en détail de cette femme d’un autre siècle, de son affaire, de ses déconvenues. Peut-être consacrerais-je une série d’articles à ce qu’elle a vécu, et à ce qu’elle nous apprend. A son mari violent, à leur séparation, à son entreprise. Ce serait l’occasion d’évoquer un sujet qui me tient à coeur. Dont je ferai peut-être une rubrique, d’ailleurs, pourquoi pas ? Quelques articles sur l’histoire des femmes, ça vous intéresserait peut-être ? Ce qui est sûr, c’est que j’y prendrai un plaisir immense. Et rien que pour ça, l’aventure faut la peine d’être tentée, je pense.
En attendant, rendez-vous demain pour la suite de ce challenge, « 29 jours de gratitudE ».

# 29 jours de gratitude – Jour 2 – Mes amours

Pour l’instant, ce défi gratitude fonctionne bien, je m’y tiens. Nous ne sommes que le deux février, certes, mais il n’y a pas de petite victoire. On enchaîne donc aujourd’hui avec le deuxième thème : mes amours.amours-gratitude-landscape

Mes amours ? Mais lesquels ? D’amour, vraiment, je n’en ai qu’un, et je l’ai mentionné déjà plusieurs fois par ici. Je me suis souvent retenue d’employer ce mot-ci, galvaudé à mes yeux, encore que.

Mon amour, donc, c’est lui. Lui, voilà bientôt trois ans qu’il partage ma vie – et quelle vie ! Et je ne sais pas comment, par quels mots, par quels signes, je pourrais suffisamment lui dire merci. Parce qu’il est arrivé au moment le moins opportun, et qu’il a du bien trop longtemps du me porter à bout de bras. Subir des scènes, des absences, des silences et des cris, sans mot dire, jamais, ne cessant de chercher les mots, les gestes.

Alors je lui suis reconnaissante, à lui, à lui seulement, pour tout ce temps passé. Pour nos promenades parisiennes du week-end, nos après-midi écoulées sous le soleil de ces deux étés passés. Pour ces centaines de verres en terrasse, ces chocolats, ces cafés crèmes. Je suis reconnaissante pour une infinité de moments tranquillement vécus, ces étreintes, ces adieux silencieux, ces retrouvailles muettes. Pour nos après-midis passées dans les magasins de mobilier, à la recherche de la perle rare qui saura me décider, ces journées à arpenter les rayons pour meubler cet appartement vide, prêt à s’emplir de nos passions. Ces bouquins entassés, avalés, dévorés. Ces vinyles dénichés dans une brocante improvisée. Ces petits plats cuisinés. Ces soirées. Ces Noëls. Ces surprises.

Ces sentiments partagés.

Je sais que tu passeras lire ces lignes, je sais aussi que tu ne m’en parleras pas. C’est bien comme ça. 🙂

La bonne idée : # 29 jours de gratitude

_DSC2153La vie a repris son cours, plus vite que je ne l’aurais pensé. Je me suis enfoncée dans ce mois de janvier sans trop y penser, sans trop voir venir. Les obligations se sont succédées, je les ai remplies avec minutie. Le temps a passé, a filé, et moi, j’ai cette impression désagréable de m’être à nouveau oubliée en chemin. La rancoeur s’empare de moi à nouveau, je suis colérique et injuste envers ceux qui sont restés à mes côtés malgré mes grimaces incessantes. L’année a commencé sur les chapeaux de roue, mais il est temps de faire une pause et de se retrouver un peu. C’est sur ces réflexions que je suis tombée sur la proposition d’Elodie, aka Le blog du dimanche. C’est précisément ce dont j’avais besoin, et je trouve l’idée excellente et absolument bien venue en ce début d’année un peu mouvementé.

Tout est parfaitement bien expliqué sur sa page, mais pour faire très court, et très simple, le mois de février sera celui de la gratitude. 29 jours de gratitude pour les 29 jours qui constitueront le mois cette année. 29 jours, 29 thèmes. Chaque jour, il s’agira donc de réfléchir à ce pour quoi nous sommes reconnaissant, en lien avec le sujet proposé. J’ai décidé de me lancer, et de rédiger un billet chaque jour, autant que faire se peut, pour me pousser à jouer le jeu, mais aussi parce que j’ai envie de participer à ce grand mouvement, aller lire les mots des autres, leurs sourires, et y ajouter les miens, ajouter mes remerciements à ceux des autres et colorer la blogosphère de ces ondes positives.

JOUR 1 – MA MAISON

 Eut-on pu trouver meilleure façon de commencer ce mois ?

Ma maison, ma toute petite maison de 20 mètres carré, je l’ai faite mienne il y a quelques mois de cela, en juillet de l’année passée. Alors il est aisé de me montrer reconnaissante pour la chance que j’ai eue de tomber sur cette annonce à un moment de ma vie où j’avais vraiment besoin de trouver mon chez moi, de gagner en autonomie, de conquérir mon indépendance. Cet appartement, je l’ai découvert lors de ma seconde visite. Autant dire que je n’ai pas eu à chercher bien longtemps. Même si, en amont, il y avait cinq années de recherche virtuelle, un petit entraînement donc.

Je me souviens, je travaillais alors en entreprise, comme chaque été depuis quelques années, et j’avais pris rendez-vous quelques jours plus tôt pour une visite après le travail. J’ai retrouvé l’amoureux, et comme nous étions en avance, nous avons visité un peu le quartier. J’étais sous le charme. Conquise par cette petite rue piétonne au milieu de laquelle trônait cet appartement que j’envisageais de faire mien, un appartement caché derrière les volets bleus d’une copropriété de trois étages. Conquise par cette atmosphère, ces gamins circulant dans tous les sens, courant jusqu’au parc situé à deux pas de là, conquise par ces glaciers, ces chocolatiers et ces pâtissiers à chaque pas. Conquise par ce soleil, cette lumière, et cette impression qu’ici, enfin, je pourrais renaître.

La jeune femme qui devait me faire visiter est arrivée. Nous avons grimpé les deux étages, ça sentait bon le cirage dans les escaliers, me rappelant l’odeur qui me faisait tourner la tête chaque fois que je grimpais les étages qui me séparaient de mon père. Et puis elle a poussé la porte. Qu’est-ce qui fait que, un beau jour, après plusieurs visites, des dizaines et des dizaines de jours à prospecter, sur internet, dans les agences, partout, qu’est-ce qui fait que l’on se décide, enfin, catégorique, que l’on sait ? Les pièces sont vides, nues, mortes. Il n’y a personne, il n’y a rien. Nos voix raisonnent, et l’on se déplace à tâtons. Pourtant, on se sent chez soi, déjà. Pourquoi ? Ce jour là, j’étais sûre. C’est lui, c’était celui là.

Les jours qui ont suivi, j’ai fait les démarches. J’ai couru à droite, à gauche, passé mille coups de téléphone, écrit une lettre de motivation pour appuyer mes garanties. Je suis étudiante, je ne travaillais pas encore, et nous étions une cinquantaine sur le coup. Ils n’avaient aucune raison de me choisir. Et pourtant. Pourtant je l’ai eu. Ça n’a pas été facile, ça a traîné en longueur, mais j’ai fini par signer. Les jours suivants se sont révélés tout aussi rudes. Je n’ai pas eu de vacances, je ne me suis pas reposée, j’ai repris les cours exténuée. Mais ravie. J’étais chez moi, enfin.

Je suis donc reconnaissante pour cette chance que j’ai eue. Après deux visites et un coup de foudre, j’ai eu l’appartement dont je rêvais. J’y suis aujourd’hui installée, la déco est encore en cours mais nous avons bien avancé. Même si tout n’est pas si facile quand on commence, je suis ravie de cette expérience. Les étapes par lesquelles j’ai du passer pour en arriver là, aujourd’hui, m’ont beaucoup appris. Si je regarde six mois en arrière, et que je m’observe aujourd’hui, je me rends compte à quel point j’ai changé, à quel point j’ai grandi. Je me suis retrouvée, j’ai obtenu ce que j’ai voulu, et aujourd’hui je me sens bien, même si tout n’est pas toujours rose.

Et pour tout ça, pour tous ces succès, je suis reconnaissante.