J’ai testé : être famille d’accueil pour animaux (et je recommencerai)

_dsc2822

Qu’est-ce qu’une famille d’accueil (ou FA) pour animaux ?

Il y a plusieurs possibilités. Deux surtout, qui sont assez différentes, supposent un investissement différent, et ont des conséquences variables.

La première, proposée notamment par la SPA, suppose l’accueil définitif de l’animal par la famille. On se rapproche de l’adoption, à ceci près que la SPA se charge des frais engendrés par l’arrivée d’un petit nouveau. Tous les animaux ne sont pas concernés ; on envoie dans les familles d’accueil ceux qui n’ont eu aucun succès à l’adoption et sont au refuge depuis trop longtemps, mais aussi ceux qui présentent un certain handicap ou une pathologie significative. La famille est chargée de prendre soin de l’animal qui échappe ainsi au refuge, mais celui-ci demeure la propriété de la SPA qui prend alors en charge les frais vétérinaires et les frais de nourriture.
C’est un bon compromis pour les familles désireuses d’accueillir une petite bête à la maison mais qui n’ont pas le budget nécessaire à ses soins. C’est aussi un beau geste à l’égard de l’animal qui sans cela aurait peu de chance de quitter sa cage. Il faut cependant être conscient des conséquences de cette décision. L’animal est généralement mal en point : handicap, maladie ou vieillesse, les perspectives d’avenir sont réduites et parfois difficiles et il est important d’y réfléchir avant de franchir le pas.

La seconde possibilité, que j’ai moi-même testée, est moins contraignante, mais tout aussi utile ! Elle est généralement proposée par des associations venant au secours des animaux et disposant de trop peu de places (voire aucune, toutes n’ayant pas de refuge à leur disposition) pour soigner leurs pensionnaires. Elles font alors appel à des familles bénévoles qui accueillent ces animaux quelques temps, en prennent soin jusqu’à ce qu’une famille se présente, prête à adopter ces boules de poils de manière définitive. En termes de frais, les possibilités varient d’une association à l’autre. Certaines demandent aux familles de prendre en charge la totalité des frais engendrés, d’autres prennent en charge les frais vétérinaires, d’autres encore en payent la totalité. Généralement, ces conditions sont précisées sur leurs sites, sinon, il ne faut surtout pas hésiter à demander. Les conséquences de ce type d’accueil sont naturellement différentes du cas de figure précédent, et je m’attarderai aujourd’hui davantage sur celles-ci.

Qui peut devenir FA, et comment ?

Tout le monde, aurais-je tendance à dire. L’association se charge de trouver ensuite le pensionnaire qui correspondra le mieux à ce que peut lui proposer son hôte. C’est pourquoi elle se chargera dans un premier temps de te faire remplir un document t’interrogeant sur ton mode de vie. Quelle est la surface habitable, y a-t-il déjà un chat/chien/lapin/gerbille chez toi ? Disposes-tu d’une pièce permettant d’isoler l’animal pendant quelques jours, de le mettre en quarantaine avant qu’il ne puisse rejoindre la société environnante ? Combien de temps risques-tu de t’absenter du domicile dans la journée, as-tu des enfants…

Le plus important est d’être disponible et motivé, pour le reste, il est toujours possible d’en discuter.

Mon expérience de famille d’accueil

Prise de contact

J’ai écrit à l’association Solana en mai dernier pour leur proposer ma candidature. La réponse ne s’est pas faite attendre, et il m’a alors été demandé de remplir le fameux questionnaire leur permettant de déterminer quel type de pensionnaire je pouvais me permettre d’accueillir. En effet, en fonction de la taille du logement, de l’accès ou non à un jardin, des membres de la famille et de leur âge, de la présence ou non d’un autre animal, la décision ne sera pas la même. Le but est de trouver à chaque pensionnaire le logement et la famille qui lui conviendra le mieux… et réciproquement !

Quelques semaines plus tard, on me propose d’accueillir deux chatons âgés d’environ deux mois. Ils ont été abandonnés avec leur mère devant une mairie, et, désormais sevrés, sont dans l’attente d’une famille pour les adopter. Mon appartement est petit (21m2), mais ils le sont aussi, et comme me l’affirme mon interlocutrice : comparé à la cage qui les attend, mon petit studio est un palais ! Convaincue, je me lance.

L’accueil – le premier jour

Un dimanche soir, je me rends donc chez l’une des membres de l’association qui garde dans une pièce isolée un certain nombre de pensionnaires en attendant leur transfert dans d’autres familles. Là, sur un petit fauteuil au fond de la pièce, deux petites boules de poils enroulées l’une contre l’autre se reposent – les « miens ». Nous les installons dans leur caisse de transport, je signe les papiers nécessaires, récupère les carnets de santé, une litière, des croquettes, deux gamelles… et en route !

L’arrivée à la maison reste l’un de mes meilleurs souvenirs. J’étais en joie, un sourire béat au milieu de la figure, je rayonnais et ne pouvais m’empêcher de les observer. Peu farouches, ils ont très tôt commencé à se familiariser avec le lieu. Le mieux, au début, c’est de les laisser faire, de ne pas les brusquer. Un coin douillet, plein de couvertures et de jouets leur était réservé, au bas de mon armoire, ils s’y sont réfugiés tous seuls. Les gamelles et la litière installées (et présentées aux deux bébés), je les ai laissé faire leur vie en attendant qu’ils se posent. En me couchant, tous les deux sont venus se blottir contre mon ventre, et nous nous sommes endormis ensemble, épuisés par tous ces changements (oui, moi aussi).

A mon réveil, ils dormaient toujours, l’un contre l’autre, un peu plus loin du lit. Une première nuit tranquille… qui ne laissait rien présager des suivantes.

_dsc2810

Le quotidien avec ces deux jeunes pensionnaires

Un chaton tout seul, c’est déjà toute une affaire, deux, c’est comme avoir soudainement des jumeaux à la maison. Quand l’un se calme, l’autre est assurément là pour prendre le relais – c’est comme ça que j’ai passé un mois à m’endormir chaque soir après deux heures du matin, gardée éveillée par deux filous qui me bondissaient sur le ventre avant de foncer à l’autre bout de la pièce, dans une course poursuite qui semblait ne jamais vouloir prendre fin. De l’inconvénient d’accueillir deux jeunes chats dans un studio… L’idéal aurait été, en effet, d’avoir une pièce à part où j’aurais pu les laisser se défouler tranquillement. Je le saurai pour la prochaine fois.

Il faut savoir également qu’un chaton demande une attention constante. Deux chatons, je ne te le dis même pas. J’avais aménagé en amont l’appartement de sorte qu’il ne présentait a priori aucun risque. Comme pour un enfant, pas de produit toxique à disposition, pas d’objet tranchant, pas d’accès aux fenêtres, et les meubles et objets fragiles protégés comme il se doit. Malgré ça, il y a eu des dérapages, qui auraient pu être graves si je n’avais pas gardé un oeil sur eux constamment. Rassure-toi malgré tout, il n’y a pas que des chatons à l’adoption, surtout pas deux d’un coup, et tout le monde ne vit pas dans une pièce unique comme c’est encore mon cas !

Et puis, avec le recul, ces nuits agitées et ces journées de constante attention n’altèrent en rien le bonheur que j’ai connu chaque jour à m’occuper de ces deux boules de poils. Tu vois, ces vidéos que l’on regarde en souriant, sur Facebook ou Youtube, de chatons qui se font mutuellement leur toilette, ou qui te grimpent en haut des jambes pendant que tu leurs prépare une gamelle… Qui se roulent en boule contre ton ventre à la recherche de ta chaleur pour s’y endormir plusieurs heures… Qui font des bonds de deux mètres de haut quand ils se lancent dans une chasse imaginaire… Pour qui n’importe quel bout de tissu qui dépasse devient l’objet d’un jeu interminable. Leur curiosité, leur douceur, leur tendresse ont fait de ces quatre semaines une période qui aujourd’hui encore m’arrache bien des sourires. Ils sont une présence rassurante, et un apport quotidien d’amour et de rires.

Le départ

C’est à cause de cet attachement tout particulier qui s’établit naturellement avec l’animal que l’on accueille chez soi, et qui bouleverse tant le quotidien, que leur départ est si difficile et qu’il faut bien prendre ça en compte avant de se décider à franchir le cap.

Ce qui est particulièrement bien avec l’association Solana, c’est que la famille d’accueil est systématiquement consultée lorsqu’un adoptant potentiel se manifeste. C’est la famille, d’ailleurs, qui reçoit l’adoptant en question, discute avec lui et présente ceux dont il est alors question à ce futur adoptant. C’est elle, enfin, qui a le dernier mot. Si tu ne sens pas cette famille pour X raison, libre à toi de le signaler. Mais le but reste de trouver à tes pensionnaires une famille pour l’accueillir définitivement, et le plus tôt reste le mieux – pour tout le monde ! Bien sûr, les adieux sont difficiles, et j’en ai versé des larmes, crois-moi, lorsqu’il m’a fallu dire au revoir à ces deux terreurs ! Mais dans les premiers temps, la famille adoptante donnera des nouvelles de tes protégés, envoyant parfois même des photos. Et les voir s’épanouir en toute sérénité, tout en sachant que tu as contribué à leur tranquillité, reste la plus belle récompense.

_dsc2792

J’ai d’abord promis de ne plus m’y faire prendre, et renoncé à accueillir des pensionnaires dans mon petit studio. C’est éprouvant et leur départ avait laissé un vide trop immense qui m’a laissée bien malheureuse pendant les quelques jours qui ont suivi. Mais plusieurs mois ont passé depuis, qui m’ont permis de prendre du recul, et d’écrire cet article avec plus d’objectivité aujourd’hui. Je ne regrette pas cette expérience, et je la recommencerai dès cet été… Et j’ai hâte !

Quelques associations à la recherche de familles d’accueil.

Si mon expérience t’a convaincue, ou qu’il te reste quelques questions et que tu souhaites te renseigner auprès d’une association concernée, voici quelques adresses à consulter. Il y a des associations dans presque tous les départements, n’hésite pas à te renseigner pour en trouver une près de chez toi.

SOS Chats errants (02)

Assist’Animaux (06)

4 pattes sans frontières (chiens de petite taille) (13)

Les Chiens de l’Espoir (16)

Animalliance (chiens, chats, rongeurs) (21)

Handi’cats (chats et chiens handicapés, blessés ou malade, retirés du refuge) (27)

Sauvetage des animaux domestiques en France (28)

Les Mistoufles (29)

Au nom de tous les zanimos (31)

Adoption féline (33)

Félin possible (35)

Les EntreChats (38)

Le radeau des animaux (44)

Au prés de mon Arche (chat, chien, rongeur, cheval, furet, oiseaux, reptiles,autres) (48)

Les Restos du chat (53)

Les Chats Libres (56)

Les Pattes de l’Espoir (chat, chien, rongeur) (59)

Anima’Dopt (62)

Hope is not dead (chat, chien, rongeur, oiseaux, reptile, furet, autre) (65)

Le chat l’ange (66)

Le Panorama des Animaux (69)

Les Papattes du 74 (chat, chien, rongeur, oiseaux, reptile, furet, autre) (74)

Solana (chat, chien, rongeur) (75)

Patte Normande (chat, chien, rongeur) (76)

Chats Ulissiens (91)

The Pattoune’s Gang (92)

Et pour plus de photos, n’hésite pas à passer me voir sur Instagram ! 🙂

Publicités

Publié par

Camille

Aspirante-éditrice, chroniqueuse littéraire à ses heures, l'auteure de ce blog est une passionnée de littérature, et grande curieuse du monde des livres à tous ses niveaux.

2 réflexions au sujet de « J’ai testé : être famille d’accueil pour animaux (et je recommencerai) »

  1. c’est un beau geste que tu as fait je n’imagine pas ta tristesse lors de leur départ, ça doit être si dur . j’aime beaucoup l’idée en tout cas. J’ai déjà 5 chats donc c’est cuit mais j’en parlerai autour de moi 🙂

    J'aime

    1. C’était très triste et j’ai pas assumé de pleurer autant, j’avoue 😉 Mais quand la tristesse s’est estompée j’étais tellement heureuse d’avoir pu leur apporter ça, et de voir qu’ils étaient maintenant heureux dans leur nouvelle famille, c’est vraiment réjouissant.
      (5 chats, mon rêve !)

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s