Petit village de montagne : bienvenue à Arrien-en-Bethmale

ARRIEN-EN-BETHMALE

Avant de venir à Paris quand il avait passé 20 ans, mon grand-père était berger dans les montagnes des Pyrénées. Il est né dans la Vallée de Bethmale dont je vous ai déjà parlé, il a grandi à Arrien, où j’ai passé bien des étés. J’y suis retournée la semaine dernière, pour présenter la région à l’amoureux. J’ai eu l’envie de vous faire profiter de ce magnifique village à l’allure presque abandonnée, baigné de nature, face à l’immensité des montagnes enneigées.
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Le village familial

Mon grand-père a grandi a Arrien-en-Bethmale. Il est né dans cette petite maison située sur la place du village, à côté de ce bâtiment aux dizaines de fenêtres, abandonné, qui servait d’école à l’époque où il y habitait, et où le monde grouillait sur ces chemins aujourd’hui oubliés. Il me parle souvent de cette époque qu’il regarde avec nostalgie, qui est si loin de ce que propose ce village où je me suis à mon tour vue grandir. J’y passais mes étés pendant que mes parents travaillaient, je courrais sur ces chemins profitant de cette liberté que m’interdisait Paris, quittant la maison sans prévenir à un âge où maman me tenait encore la main pour traverser la rue. Aucun danger ici, où les habitants se comptent sur les doigts de la main. J’ai mille souvenirs et autant de sourires. Je prends toujours un grand plaisir à revenir ici, et je sais que c’est ce qui réjouit mon papi. Cette année, j’ai ramené l’amoureux, et mon grand-père s’est plu à lui faire découvrir son passé, à travers ces pierres, ces chemins, ces montagnes.

Le temps a usé ce village isolé

Ce village est l’un des quatre qui constituent la commune d’Arrien-en-Bethmale, qui a vu le jour en 1931, autrement dit il n’y a pas bien longtemps. A ses extrémités, Vilargein, Aret, Tournac. Autant de noms qui se rappellent à ma mémoire, des noms que j’ai entendu passivement toutes ces années durant et qui font aujourd’hui partie de ma géographie.

En réalité, le village est bien plus vieux que cela, et 1931 ne fait que signer son indépendance. En effet, au XIXème siècle, un abbé découvre avec surprise une inscription funéraire datée du 1er siècle après Jésus-Christ. Autant dire qu’il en a vu passer, des villageois pressés, ce tout petit coin de montagne bloqué dans le passé. Depuis, bien du monde a construit son histoire, laissant ça et là des traces encore visibles quoique rares. L’un des vestiges encore observables est celui du château de Bramevaque, dont il ne reste aujourd’hui que le donjon et quelques pierres éparses. Et puis, ça et là, en bordure de ces routes modernes, les inscriptions sur des murs qui les datent comme pour nous en rappeler l’ancienneté : XVIIe, XVIIIe siècles… On ne saurait imaginer combien de secrets habritent ces maisons aux pierres intemporelles.

Au début du siècle dernier, le village comptait trois écoles qui voyaient grandir les villageois nés dans ces maisons aux multiples étages. Des familles entières menaient leurs vies sous ces toits d’ardoises, des enfants par dizaines, des parents, des grands-parents. Les hommes allaient garder les troupeaux dans les montagnes, les femmes s’occupaient de gérer la maison et le village. Les montagnes n’étaient que des champs immenses où l’on voyaient paître les vaches et où  l’on cultivait la terre toute l’année. Ma mère se souvient encore de la moisson, qui voyait renaître le village. Des ânes tiraient les charrettes sur ces routes verticales, traînaient derrière eux la récolte accordée par la montagne. Et ma mère, ma petite mère se jetait dans le foin en riant et se laissait promener des après-midis durant.

Aujourd’hui, le cimetière est plus peuplé que le village entier. Ce dernier ne se remplit plus que lors des enterrements, et les volets se ferment les uns après les autres. L’été, de temps en temps, les maisons se remplissent. On part en randonnée, on profite de l’air frais, avant de rentrer en ville affronter la foule, le bruit, la vitesse de cette vie dont on oublie parfois le sens. J’aime y revenir, me pencher au dessus de la balustrade, sur ce balcon de vieux bois rongé, incertaine de sa solidité. Observer les montagnes, la nature y reprendre ses droits. J’aime que la ville et la modernité n’aient pas endommagé ce village isolé, endormi. Il s’est arrêté dans le temps et je reviens dans le passé en le traversant.
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Si vous passez par là un jour, dans l’Ariège, si vous avez envie de découvrir la vallée de Bethmale, de vous plonger dans un passé qui n’est pas si loin qu’on ne le pense, n’hésitez pas à vous arrêter à Arrien. Le village a gardé tout son charme et toute sa pureté. Vous en ressortirez, au moins, revigoré. 😉

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Publié par

Camille

Aspirante-éditrice, chroniqueuse littéraire à ses heures, l'auteure de ce blog est une passionnée de littérature, et grande curieuse du monde des livres à tous ses niveaux.

7 réflexions au sujet de « Petit village de montagne : bienvenue à Arrien-en-Bethmale »

    1. Ça l’est, vraiment. Calme, tu y croise une personne par heure en moyenne, ce qui te procure un sentiment de totale liberté, te sentir seule ainsi face à l’immensité des montagnes, quasiment en autarcie.. J’y ai passé de bons moments, vraiment 🙂

      Aimé par 1 personne

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