J’ai lu : La Douce, de Dostoievski

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Un lointain coup de foudre

L’histoire de ma rencontre avec Dostoïevski influence nécessairement l’opinion que j’en ai, et je pense que je ne peux pas être objective quand je parle de ce qu’a pu écrire cet auteur. Je l’ai découvert il y a trois ans, lorsque le garçon dont j’étais amoureuse – et avec qui je vis aujourd’hui – m’a prêté L’Idiot. L’Idiot est son livre préféré et je pense qu’il est et restera indétrônable à ses yeux. Pour ma part, le coup de foudre véritable s’est fait à la lecture des Démons. Si vous ne l’avez encore jamais lu, je ne peux que vous le conseiller, encore une fois. Si je ne devais en conseiller qu’un, ce serait probablement celui là. Le livre est imposant, il faut avoir du temps devant soi. Mais à vrai dire, une fois plongée dedans, je n’ai pas vu le temps s’écouler, et je suis arrivée à la fin bien trop tôt à mon goût. J’étais alors en proie à une profonde mélancolie et cette lecture a paru m’extraire d’un sentiment de solitude qui m’étouffait alors, pour me confronter à l’universalité des questions que je me posais alors. Le choc a été brutal.

L’univers de cet auteur russe est très particulier, et je n’ai rencontré nul part ailleurs cette façon d’écrire, et de décrire surtout, le monde qui l’entoure. Ces interrogations sont intemporelles, et sa manière de parler de l’homme de manière générale me paraît toujours si moderne que j’en suis chaque fois bouleversée. Il faut savoir malgré tout que c’est un univers sombre dans lequel on s’immerge alors, et parfois les réflexions menées sont d’une certaine gravité, certains de ses personnages sont si profondément tristes, blessés, vaincus, mélancoliques qu’il est parfois dur de continuer la lecture des propos qu’ils énoncent. Dans un sens, certains passages de ses romans m’apparaissent très existentialistes avant l’heure, et c’est aussi ce qui me touche beaucoup chez cet écrivain. J’aimerais pouvoir dire que j’admire beaucoup sa plume, malheureusement je ne parle pas le russe, et le lit encore moins, je suis donc obligée de me fier entièrement à la traduction qui en est faite…

Et un coup de coeur répété

Cette fois donc, je me suis laissée tenter par un autre livre, bien plus court celui là puisqu’il s’agit d’une nouvelle (je l’ai lue en deux soirs…), et qui s’appelle La Douce. Publiée en 1876, celle-ci est publiée cinq ans après Les Démons, et précède de quelques années Les frères Karamasov (que je dois lire absolument). On est donc loin des premières nouvelles un peu plus romantiques et romanesques et j’y ai bien retrouvé la marque de l’auteur qui me plaît tant. Pour faire court, La Douce désigne l’épouse du narrateur – car en effet, c’est un texte écrit à la première personne cette fois-ci. Cette épouse, au début de la nouvelle, est étendue sur une table, morte, suicidée. Et de là nous voilà invités à suivre les pensées d’un mari tourmenté par la culpabilité, qui essaie de trouver la solution de l’énigme, la raison de ce suicide si brutal, et qui retrace de manière plus ou moins décousus les moments passés avec cette jeune femme qui l’a volontairement quittée. Nous sommes le soir, ou dans la nuit, demain le corps sera enlevé et le narrateur se retrouvera seul. Il s’agit de faire durer l’instant, de faire durer les heures, et de donner un sens à ce qui arrive – si un quelconque sens il y a.

Je suis à nouveau séduite par l’habileté de Dostoïevski à cerner l’ « âme humaine ». C’est une véritable prouesse psychologique, et je trouve encore une fois l’auteur très en avance sur son temps. Sa volonté était, semble-t-il, de créer un monologue qui eut pu être celui de tout homme se retrouvant dans pareille situation. C’est ce qu’il revendique en tout cas dans le préambule de cette sombre histoire. Et c’est pour moi un pari réussi, tant le désordre qui règne dans ces pensées est parfaitement retranscrit, tant on peut voir le tiraillement de cet homme qui jongle entre un sentiment de culpabilité profonde et la volonté de se justifier à tout prix. Encore une fois l’histoire est malheureuse, ses personnages le sont tout autant, mais le plaisir de cette lecture n’en est pas moins immense.

S’il ne s’agit certainement pas là de l’ouvrage le plus réussi de l’auteur à mes yeux, j’y vois une excellente démonstration de son style et de sa capacité à analyser la psychologie humaine. Il me reste encore un livre à lire pour ce mois, mais il est probable que celui-ci reste ma lecture préférée de janvier.

Est-ce que tu connais Dostoïevski ? Quel livre as-tu préféré de cet auteur ?

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Publié par

Camille

Aspirante-éditrice, chroniqueuse littéraire à ses heures, l'auteure de ce blog est une passionnée de littérature, et grande curieuse du monde des livres à tous ses niveaux.

2 réflexions au sujet de « J’ai lu : La Douce, de Dostoievski »

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