Pourquoi le yoga te changera.


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Il y a quelques années, j’étais de celles qui rient de ces « yogi girls » un peu bobos, et limites perchées. Ce contorsionnisme original alimenté d’une philosophie de la vie bon enfant m’amusait fort, mais si l’on m’avait proposé de m’y mettre, j’aurais répondu sans hésiter : « non merci, très peu pour moi ». C’est d’ailleurs ce que j’ai fait, à plusieurs reprises. Et puis la pratique a cessé d’être marginale, et les conseils et images se sont multipliés, sur internet, dans les magasines, sur les étagères des librairies. J’ai commencé à devenir curieuse, moins moqueuse. Et puis j’ai eu ces crises d’angoisse que rien n’avait réussi à calmer. Alors je me suis lancée.

Soyons d’abord honnête – c’est le but. La yoga n’a pas mis fin à ces crises d’angoisse. La première fois que j’ai commencé à pratiquer, il a même eu tendance à en accentuer les effets. J’avais alors arrêté. En réalité, j’ai eu tort – mais je pense que je n’étais simplement pas prête. Le yoga pousse à s’écouter, à faire taire le vacarme environnant – mais aussi son propre brouhaha intérieur – pour laisser son corps s’exprimer en paix. A l’époque, je n’étais pas prête à cela, d’où l’accroissement des angoisses. Quelques mois plus tard, j’ai décidé de révolutionner ma manière de vivre – qui n’était finalement pas une vie – et de prendre le temps de me faire du bien. C’est là que le yoga a joué un rôle important.

Prendre du temps pour soi

Pour ressentir un minimum les effets du yoga, il faut une certaine régularité dans la pratique. Cette régularité implique de trouver des moments dans son emploi du temps pour s’y consacrer, des moments pour se consacrer à soi, pour se donner enfin du temps. Même s’il existe des séances d’une dizaine de minutes, cela suppose malgré tout de se poser, un petit quart d’heure, de faire une pause dans sa course après le temps. C’est une habitude que l’on a perdu. Obnubilée par l’envie de bien faire, d’atteindre des objectifs toujours plus exigeants, de faire mieux, plus vite, j’ai longtemps été aveuglée, je me suis longtemps oubliée, et mon corps a été le premier à en pâtir. C’est en cela que le yoga m’a aidée, qu’il a été mon premier déclic. Me contentant d’abord d’une dizaine de minutes une fois par semaine, je me suis rapidement prise au jeu, et je me souviens d’avoir passé plusieurs semaines à pratiquer chaque soir, pour me détendre, pour évacuer le stress qui me submergeait alors, en pleine période d’examens. Très vite, c’est devenu une évidence. Et progressivement, j’ai appris à m’accorder ces petites pauses nécessaires, chaque jour, pour le yoga, mais aussi pour d’autres petits plaisirs auxquels je ne pensais plus.

(S’)Ecouter

Parce que l’un des principes, et l’une des conséquences, du yoga, c’est l’écoute. L’écoute de son corps. Se recentrant continuellement sur sa respiration, on apprend à faire taire le monde environnant, à revenir à l’essentiel. Pour trouver notre équilibre, le bon milieu, la juste posture, nous sommes obligés de nous préoccuper de ce que l’on a eu trop souvent tendance à négliger : son corps, ses besoins, ce qui lui fait du bien. Et c’est là l’effet boule de neige. Une fois que mes pieds ont eu quittés le tapis, j’ai continué à appliquer ces principes, je suis restée à l’écoute. J’ai ainsi appris à anticiper ces moments où tout fout le camp, à me poser avant de craquer, à respirer. Je sais voir quand j’ai besoin de faire un break, parce je me sens crouler sous les obligations, et que je ne trouve plus de sens à tout cela. Avant de crier, de pleurer, ou de m’en prendre injustement à ceux qui ne m’ont rien fait, je m’isole, je respire. Je retourne parfois à mon tapis, et je me détends. Une fois cette évasion accordée, je peux reprendre mes activités plus sereinement.

Prendre du recul

En somme, le yoga permet de prendre du recul. Se retirer de l’urgence du quotidien et y retourner après quelques instants de bien être permet de poser un nouveau regard sur les choses. Ainsi ce qui nous paraissait insurmontable et terrifiant devient-il plus accessible. On apprend à faire du tri, à ne garder que l’essentiel. C’est aussi ce qui m’a conduit à cesser de consommer démesurément. Je prends le temps de me demander ce qui est réellement un besoin, ou ce qui me fera véritablement plaisir et ce qui n’est que le produit d’une opération marketing à court terme, qui me décevra d’autant plus rapidement que le désir qu’elle avait fait naître en moi était artificiel. Et, à l’inverse, on apprend à apprécier ce que l’on a, et ce que l’on vit.

Se faire du bien – mentalement et physiquement

Du coup, on cherche à multiplier les plaisirs. Et comme on s’écoute, on apprend à mieux se connaître, et à mieux connaître ce qui nous fait vraiment du bien. C’est comme ça que le yoga a modifié ma façon de me nourrir. Je prends désormais le temps de me faire à manger, matin, midi et soir, et de me cuisiner de bonnes choses. Mes petits déjeuners sont copieux, je ne saute plus les repas, aveuglée par une montagne de choses à faire. Car je sais aujourd’hui ce qui est important pour moi. Je sais aussi que mon corps et mon mental sont étroitement liés, c’est pourquoi je prends autant soin de l’un que de l’autre. Le yoga est la meilleure façon de le faire, d’ailleurs. Je fais attention à dormir suffisamment, et je cherche à toujours ponctuer ma journée d’activités positives et vivifiantes.

Accepter

Je ne suis néanmoins pas aveugle, et je ne suis pas anesthésiée. Parfois toutes ces bonnes choses ne suffisent pas à me rendre le sourire, et certaines journées sont plus exténuantes que d’autres. Certains coups sont plus difficiles à encaisser. Cependant, je prends désormais le parti de les accepter. Et je prends le temps de laisser la peine, la fatigue, la colère s’exprimer et se rendormir. Les accepter m’aide à les rendre plus inoffensives, et moins durables. J’accepte ces coups durs, j’accepte aussi de ne pas être parfaite, de ne pas toujours réagir comme je le voudrais. Enfin, j’accepte de faire désormais partie de ces « yogi girls », un peu bobo et limite perchées. 😉

Et toi, qu’est-ce que le yoga t’a apporté ?
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Publié par

Camille

Aspirante-éditrice, chroniqueuse littéraire à ses heures, l'auteure de ce blog est une passionnée de littérature, et grande curieuse du monde des livres à tous ses niveaux.

8 réflexions au sujet de « Pourquoi le yoga te changera. »

  1. J’ai l’impression que nous sommes énormément à souffrir de crises d’angoisse. 😦 Longtemps tentée par le yoga, ton article m’a définitivement convaincue à me donner un petit coup de fouet et me procurer un tapis. (Ah, et de m’y mettre sérieusement, aussi. ^^ J’ai beaucoup de mal à passer la frontière entre le dit et le fait). On pense à tord que s’accorder du temps pour se poser revient justement à en perdre, alors que c’est en réalité un besoin fondamental.

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    1. Je ne peux que t’y encourager ! Depuis que j’ai espacé mes séances, allant jusqu’à ne plus pratiquer pendant une période, j’ai vraiment pu constater les bienfaits du yoga, face aux angoisses qui me ressaisissaient! 10 minutes par jour suffiront au début, je t’assure, et tu en verras très rapidement les effets… 🙂

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  2. J’ai passé beaucoup de temps à dénigrer ce que j’appeler du faux sport!  «  regarde la celle la elle va apprendre a respirer » et puis, j’ai été confronté au stress, celui qui s’accroche à toi comme une sangsue et qui veut ta peau un peu.
    Finalement, j’ai du apprendre à respirer, apprendre a me faire du bien. J’ai donc fait pas mal de sport, et quand j’ai compris que mes muscles étaient tout contractés à cause du stress, je me suis mise au Yoga.
    Je n’en fais pas beaucoup, mais des que j’ai un petit coup de mou, bim, je m’y met et je vois du vrai changement, j’assoupli mon corps et mon esprit!
    Ton article est super bien rédigé, j’ai comme tu écris!
    Je te souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année!

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    1. Merci beaucoup pour ce compliment, ça me fait sincèrement très plaisir. 🙂
      A ce jour, je n’ai pas trouvé mieux pour me détendre, détendre mes muscles, et retrouver un rythme de respiration normal… Ce qui, quand on fait de la spasmophilie, est loin d’être négligeable !
      Je suis contente que tu aies trouvé dans le yoga ce qui te manquait aussi jusque là 🙂
      Très bonne continuation !

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  3. Les premières séances sont étranges. Surtout qu’on est pas encore très concentrée sur soi-même et qu’on observe circonspecte les autres élèves du cours (surtout ceux qui sont à fond et qu’on ne comprend pas encore). Et puis, il y a comme un déclic, moi je l’ai eu avec le travail sur le souffle. Cela m’a bluffée. On s’ancre vraiment. Et après est venu le travail sur la souplesse, l’activation de muscles non sollicités. Le yoga est une discipline vraiment à part.

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    1. Malheureusement, je n’ai pas encore eu l’occasion de pratiquer en groupe, avec un vrai professeur ! Manque de temps, manque de courage, manque d’argent ? Je n’en sais rien, mais c’est quelque chose qui me fait envie malgré tout et qu’il me faudra tester ! Pour le reste, je suis si d’accord..

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