Cowspiracy : où pourquoi on ne peut pas manger de la viande et se dire écolo.

A l’heure où nos gouvernements s’éveillent et où les médias accordent une place de choix à un sujet généralement marginal, j’ai décidé de vous parler d’un reportage qui a modifié considérablement mon approche du monde et de l’écologie de manière générale, celui de Kip Andersen, Cowspiracy (disponible en ligne).

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Cowspiracy, ou les pérégrinations d’un apprenti écolo

Je ne chercherai pas ici à vous faire un résumé du film parce que les chiffres sont nombreux (et pas tous approuvés, pour un petit checking n’hésitez pas à consulter le site L214 qui cherche à en retrouver les sources, et est ainsi amené à apporter quelques corrections), la démarche est laborieuse, et visionner ce parcours, mis en scène pas à pas, contribue à la compréhension de ce qui semble être un véritable sujet tabou.
Le réalisateur part d’une volonté simple et partagée de bon nombre d’entre nous. Notre planète se meurt, nous refusons d’y contribuer, et nous décidons de mettre en place un certain nombre de réflexes au quotidien pour, à notre échelle, faire évoluer la situation de manière favorable. Alors nous appliquons les bons conseils qui nous ont été enseigné durant les cours de SVT de l’école primaire au collège. Mais après quelques années à prendre des douches plutôt que des bains, à ne pas laisser couler le robinet au moment de se laver les dents, à se déplacer autant que possible à vélo et à éteindre les lumières en sortant de chaque pièce, force est de constater que la planète ne va pas mieux, même, elle continue de s’enfoncer dans sa décrépitude.

***

Il se lance alors dans une sorte d’investigation visant à mieux appréhender le problème, à mieux le comprendre pour mieux s’y adapter, et mieux réagir. Intention louable s’il en est. Mais surtout plus malaisée qu’on ne pourrait le croire.

Je vous passe ses pérégrinations, qui sont très intéressantes et que vous découvrirez par vous mêmes si vous visionnez ce documentaire d’une heure et demi, très accessible, et sans images vraiment choc, sauf une en fin de reportage mais qui est très bien annoncée.
J’en arrive tout de suite à la première piste qu’il découvre, et qu’il suivra tout au long du reportage : celle de l’industrie agro-alimentaire.

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Les ravages écologiques de l’industrie agro-alimentaire : ce tabou

En effet, contrairement à ce que le réalisateur semble (fait mine de?) penser au début de sa démarche, les transports ne sont pas les premiers facteurs de pollutions, l’industrie n’est pas la première responsable de cette lente agonie de notre planète bleue. Il semblerait plutôt que le vrai responsable soit l’industrie agro-alimentaire.

Pourtant, on en parle peu. Voire pas. Et pour cause !
Tout au long du documentaire, Kip Andersen nous montre ses difficultés à arriver à cette conclusion, à faire émerger des réflexions sincères à ce sujet, à faire entendre cette vérité qui semble tant déranger ! Et cela jusqu’à l’association Greenpeace qui refuse de lui accorder un entretien pour évoquer l’affaire, ce qu’il comprendra un peu plus tard dans son enquête, et que je vous laisserai découvrir tranquillement. Parce que là n’est pas le débat. Je ne cherche pas à pointer du doigt des entreprises qui ont des intérêts clairs et qui mettent en place les stratégies de communication adaptées pour y répondre. Il y aurait à redire, mais là n’est pas le débat, pas aujourd’hui. Ce qui m’intéresse, c’est surtout le pourquoi de cette conclusion quelque peu déroutante quand on n’y a jamais vraiment songé. En quoi le fait de consommer de la viande participe directement de cette catastrophe mondialement connue qu’est le réchauffement climatique ?

Quel lien entre la viande dans ton assiette et la COP21 ?

  • Sur l’espace naturel : la déforestation et la perte de la biodiversité

D’abord parce que ces bêtes, il faut bien les élever quelque part. Ensuite, parce qu’il faut les nourrir. Le réalisateur sort ainsi pas mal de chiffres que je ne reprendrai pas parce que je n’en ai pas la source sûre. Mais les faits sont là, et quand on sait la quantité de viande dont se nourrit chaque semaine la population, on se doute bien que derrière, l’industrie agro-alimentaire doit suivre. Ce qui signifie qu’il faut des prés où installer son bétail, et surtout des prés où faire pousser son blé, son maïs, pour nourrir toute cette population animale supplémentaire et artificiellement renouvelée pour les besoins de consommateurs toujours plus demandeurs. Et plus nombreux. Et ainsi abattre des forêts et ratisser larges, détruisant l’habitat naturel des animaux sauvages. C’est un cercle vicieux.

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  • Sur les inégalités mondiales : la consommation d’eau et la consommation alimentaire

Parce qu’en effet, delà, le réalisateur se prend à rêver. A imaginer ce qu’on pourrait bien faire de tout ce blé, de tout ce maïs, si on ne le sacrifiait pas encore et encore pour engraisser des bêtes destinées à être abattues quelques mois plus tard pour laisser sa place à quantité d’autres successeurs. Parce que l’eau qui est réquisitionnée pour ces récoltes – entre autre – c’est autant d’eau qui n’est pas redistribuée pour une meilleure « répartition des richesses », comme ils disent… L’analyse est un peu celle du bistrot du coin, mais je schématise volontairement, l’idée est là, et mériterait bien des investigations.

  • Sur l’émission de gaz à effets de serre : les transports les pets des vaches (on caricature. Mais c’est drôle. Et cela fait bien rire l’une des interrogées de l’enquête !)

A ce niveau là, je pense que je n’ai pas besoin de m’étendre plus que ça. L’histoire des pets des vaches est devenue assez connue dans le genre, et celle des transports et de leurs coûts, pas seulement monétaires, me paraît le point le plus évident de cette liste non exhaustive, c’est pourquoi je ne m’attarderai pas sur ce point.

 

En bref, c’est un documentaire que je vous recommande. S’il est critiquable sur bien des points, j’imagine, notamment s’agissant de ces chiffres qui sont nombreux quoique parfois peu documentés, mais aussi en ce qu’il s’agit d’un documentaire clairement orienté, dans lequel le parti pris du réalisateur se laisse deviner avant de sauter aux yeux sur sa fin. Mais je trouve que le reportage ouvre bien des pistes de réflexion, et qu’il offre au moins un aperçu d’une réalité complexe et difficile à cerner en ce qu’elle touche à bien des intérêts et menace des acteurs difficiles à atteindre…  

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Publié par

Camille

Aspirante-éditrice, chroniqueuse littéraire à ses heures, l'auteure de ce blog est une passionnée de littérature, et grande curieuse du monde des livres à tous ses niveaux.

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