La République Bobo

La République Bobo.

L’esthétique du livre devrait suffire à vous interpeler, vous poussez à le glisser au fond de votre sac avant de l’exposer dans votre bibliothèque, ou, comme moi, bien en évidence sur votre table de chevet. Une sorte de couverture en papier recyclé, dont la simplicité fait toute l’originalité, en fait.

Il ne s’agit pas là uniquement d’une découverte déco, mais bien d’un coup de cœur littéraire, que je dois aux auteurs Laure Watrin et Thomas Legrand, bobo « assumés » disent-ils, et tous deux journalistes. Ils se revendiquent bobo – fait rare mais avéré – sans bien savoir tout compte fait à quoi rapporte concrètement cette appellation aujourd’hui le plus souvent insultante.

C’est justement autour de cette incertitude que vont jongler les deux journalistes, pour essayer d’en préciser les contours, ce qui les conduit à prendre la défense du bobo, aussi caricatural soit-il.

« Tout le monde en parle, tout le monde les déteste, personne ne sait vraiment qui ils sont. »
Voilà qui résumerait fort bien l’état actuel des choses.

bobos - sans bourgeois

L’omniprésence du terme rend son analyse percutante, elle a attisé ma curiosité, je me suis plongée dedans et ne m’en suis toujours pas retiré. Watrin & Thomas tentent d’exposer une analyse un peu plus poussée d’un phénomène sans cesse ressassé, d’un mot moult et moult fois utilisé, dans des contextes bien différents et parfois même antagonistes. Quelle réalité se cache derrière cette appellation somme toute ridicule ? En explorant le thème, les auteurs renversent le phénomène, au delà du caractère insultant du dénominatif, ils y démêlent le positif.

Difficile de caractérisé le genre du bouquin. On y décèle une tendance sociologique sans en approfondir la méthode, une influence journalistique mais qui échappe à ses apories actuelles. Dans cette quête, ils s’appuient sur des analyses plus ou moins récentes déjà entamées, des interviews, des études géographiques, urbanistes, historiques, sociologiques, politiques, ils analysent les discours, tentant de démêler, dans tout ça, une quelconque « réalité bobo ».

Le bobo c’est qui, c’est quoi ? Le bobo, c’est la contradiction disent-il, avant tout. Entre individualisme, égocentrisme et ouverture sur les autres, sur le monde, le bobo agace parce qu’il serait « hypocrite ». Et c’est autour de son ambivalence que naviguent nos auteurs, en quête d’une vérité qu’ils auront bien du mal à déterminer, tant ce que le bobo désigne varie d’un individu à l’autre, de la gauche à la droit, de la campagne à la ville, et entre les bobos eux-mêmes. La République bobo, ça nous plait, parce que ça nous concerne un peu, ça nous touche de près ou de loin. La bobo c’est toi, c’est moi, et dans le pire des cas, c’est ton voisin.

On aurait presque envie de se revendiquer bobo à la fin de cette lecture, très agréable au passage parce que rédigée en toute simplicité, avec une note d’humour, d’ironie, ça et là, mais une rigueur malgré tout rassurante.

Cette découverte, je la dois à la sublime Solange, de la chaîne Solangeteparle, que je présenterai dans un prochain article parce que, ici encore, elle en vaut le détour. Et je lui laisse donc le mot de la fin avec plaisir :

« JE SUIS BOBO ET JE VOUS EMMERDE. »

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Publié par

Camille

Aspirante-éditrice, chroniqueuse littéraire à ses heures, l'auteure de ce blog est une passionnée de littérature, et grande curieuse du monde des livres à tous ses niveaux.

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